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Avec "City Pop", Benny Sings prêt à percer

Publié lepar Ghislain Chantepie
Benny dans son studio | Felice Hofhuizen
Benny dans son studio | Felice Hofhuizen ©Autre

Le songwriter hollandais vient de mettre en ligne le premier extrait d’un album splendide à paraitre le mois prochain.

Tout vient à point qui sait attendre. Mal connu sous nos latitudes malgré cinq albums au compteur, Benny Sings s’active déjà depuis près de 20 ans derrière ses machines ou la basse aux doigts lorsqu’il monte sur scène avec son groupe de rap néerlandais.

Amoureux transi de soul et de hip hop, Tim van Berkestijn de son vrai nom est d’abord un producteur chevronné qui a longuement mûri sa musique en studio depuis ses débuts chill-pop au début des années 2000. En misant sur sa voix d’abord, qu’il est parvenu à hisser progressivement dans un univers tissé de groove où elle semble s’épanouir à merveille. En saisissant l’air du temps ensuite, ce que le Néerlandais parvient avec doigté en convoquant dans son nouvel album la quintessence du R&B d’aujourd’hui, ce chaudron bouillonnant d’où s’échappent certaines des meilleures productions du moment.

Car oui, après des années d’affinage, il semblerait bien que Benny Sings ait trouvé cette fois-ci la formule d’une pop idéale à la croisée de la soul, du rap et du jazz. City Pop, son nouvel album à paraître le mois prochain chez les Californiens de Stones Throw ne parle que de ça, de ce cocktail sophistiqué dont quelques esthètes seulement détiennent aujourd’hui la bonne recette. Mayer Hawthorne est de ceux-là et il n’est pas étonnant de retrouver le soul-man à la manœuvre du premier extrait mis en ligne par le Batave aujourd’hui.

Ce Not *Enough * possède bien les saveurs groovy familières du producteur californien, qui se prête d’ailleurs aussi au beatboxing à l'arrière-plan de ce titre né d’une session de Benny Sings à Los Angeles. Mais c’est bien dans le studio du musicien à Amsterdam qu’a grandi le morceau, là où se sont mêlées des élancées cuivrées pour lui offrir son joli parfum jazzy. Là aussi où, inspiré par Thundercat, Benny Sings a introduit quelques accords complexes qui offrent du relief à l’ensemble. Doit-on aussi préciser que Not *Enough * ne parle que de filles, d’attente transie, et de messages téléphoniques ? N'en doutez pas, le meilleur reste à venir.