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« Cosmosis », l’afrobeat éternel de Tony Allen

Publié lepar Ghislain Chantepie
Tony Allen au milieu des étoiles | Blue Note
Tony Allen au milieu des étoiles | Blue Note

Un album posthume du légendaire batteur nigérian est annoncé pour le 30 avril avec un premier titre étourdissant à découvrir.

C’était il y a bientôt un an. Le 1er mai dernier disparaissait à Paris le deuxième père de l’afrobeat, le légendaire Tony Allen. Compagnon de studio et de scène de son compatriote Fela Kuti, le batteur nigérian avait développé ce genre à part entière au tournant des années 70, musique hypnotique et répétitive mêlant le style highlife, la polyrythmie yoruba, le jazz, le funk et qui devint un des courants fondamentaux de la musique africaine du 20e siècle. 

Celui que Brian Eno qualifiait de « meilleur batteur ayant jamais vécu » avait, ces dernières années, choisi de célébrer ce jazz qui l'avait inspiré dans sa jeunesse en enregistrant en 2017 un disque en hommage au légendaire batteur jazz Art Blakey et à ses Messengers suivi de l'album The Source, chef d'œuvre du genre enregistré en analogique avec la crème des jazzmen français. 

Devenu une figure tutélaire malgré lui, Tony Allen avait également choisi de transmettre et partager ses intuitions rythmiques avec une nouvelle génération de musiciens talentueux, particulièrement issus de la scène hip-hop. C’était le sens, déjà, du morceau How Far dévoilé par Damon Albarn quelques jours après l’annonce de son décès et qui invitait au micro le rappeur Skepta. Ce titre enregistré quelques semaines avant la mort du batteur apparait aujourd’hui comme un prélude à There Is No End, un album posthume de Tony Allen dont la sortie est annoncée le 30 avril prochain par le label Blue Note.

Premier extrait dévoilé aujourd’hui, Cosmosis invite de nouveau au micro le pionnier du grime Skepta, rejoint pour l’occasion par l’écrivain et poète nigérian Ben Okri. Un morceau au groove stellaire mais qui ne manque pas de pop, alors que la nuée des voix et des instruments forme bien ici une sorte de mise en orbite étourdissante. Derrière la console de cet ultime disque, on retrouve encore l’inévitable Damon Albarn avec qui Allen avait noué un véritable compagnonnage de studio depuis les débuts de l’aventure Africa Express jusqu’au dernier album du batteur, sans compter quelques morceaux de bravoure parmi lesquels le fameux Go Back publié en 2014. A suivre de près, évidemment.