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“Black Treasure”, l’héritage futuriste de Zara McFarlane

Publié lepar Ghislain Chantepie
Zara McFarlane | Brownswood Rec
Zara McFarlane | Brownswood Rec

La chanteuse transfigure ses racines jamaïcaines en les plongeant dans un groove moderne et syncopé.

C’est par sa voix que s’est fait connaitre Zara McFarlane. Une voix suave et lumineuse, qui a bien souvent pris l’avantage sur la musique dans les compositions publiées par cette chanteuse-née. Son goût initial pour le jazz a progressivement muté au fil du temps : soul, groove, vintage, voire acide à l’image de son parrain et découvreur Gilles Peterson. Mais son fil rouge à elle reste bien ce timbre magnifique qu’elle a érigé en véritable instrument sur son bijou Arise publié il y a trois ans, jusqu’à faire oublier les brillants musiciens qui pourtant l’accompagnaient alors, Leron Thomas et Moses Boyd (encore lui) pour ne citer qu’eux.

Née à Londres de parents jamaïcains, Zara McFarlane n’a jamais caché l’influence diffuse qu’a eu le legs immense de son deuxième pays sur sa musique. Sur son second album If You Know Her, la chanteuse dévoilait ainsi une reprise confondante du Police & Thieves original de Junior Mervin (popularisé plus tard par les Clash). L’an dernier encore, elle rendait hommage au maitre reggae Augustus Pablo au travers d’un EP qui plongeait avec brio dans les sonorités est-africaines.

Alors qu’elle prépare désormais la sortie d’un quatrième album pour la fin de l’année, la Londonienne creuse aujourd’hui le sillon de ses racines caribéennes en dévoilant Black Treasure, un premier extrait synonyme de nouvelle trajectoire sonore. Car plus encore que sur ses précédents projets, Zara McFarlane amplifie sur ce titre la polarisation qui étirait déjà ses instincts musicaux entre tradition et avant-garde. 

Dans cette ode à la fierté des descendants d’esclaves, la voix de la chanteuse se fait ainsi trait d’union entêtant entre l’héritage africain de la musique jamaïcaine et un groove électronique et mystérieux concocté par les deux producteurs londoniens Kwake Bass et Wu-Lu. Vivement la suite.