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Aux Trans Musicales, les promesses sortent de l’ombre

Publié lepar Ghislain Chantepie
Siggi Mwasote, chanteuse du collectif afrofunk Lakuta | DR
Siggi Mwasote, chanteuse du collectif afrofunk Lakuta | DR ©Radio France

Le grand barouf hivernal des musiques actuelles prend ses quartiers à Rennes le 6 décembre. Zoom sur cette 39e édition où les espoirs de l’année vont prendre la lumière.

Décembre, son froid, ses fêtes et… ses Trans Musicales. Voilà bientôt 40 ans que la transhumance annuelle vers la capitale bretonne se répète inlassablement, même si la toute première édition estivale de 1979 a laissé place à un rendez-vous solidement fixé aux prémices de l’hiver. Avec 62.000 spectateurs au compteur l’an dernier (2000 de plus qu’en 2015), les Trans se portent bien et poursuivent donc avec sérénité leur engagement en faveur d’une programmation férocement défricheuse. La confiance du public dans les élans prescripteurs de sa direction artistique sont le trésor de guerre d’un festival qui a depuis longtemps cessé d’inviter dans son Parc des expositions des têtes d’affiches spectaculaires.

Alors cette année encore, c’est bien l’esprit de découverte et de métissage qui a guidé dans ses choix l’inoxydable Jean-Louis Brossard, tête chercheuse historique et âme musicale des Trans. Pas loin de 90 groupes sont ainsi attendus à Rennes le temps de ce gros week-end, dont près d’un tiers viennent de France bien que leurs noms de baptême soient majoritairement à consonance anglo-saxonne. C’est un peu moins que la dernière édition qui avait mis la scène hexagonale particulièrement à l’honneur, et où s’était distinguée l’Ardennaise Fischbach  dans le cadre d’une création à l’Aire Libre. Cette année au même endroit, on misera donc volontiers sur la harpe magique de la Bretonne Laura Perrudin  suivie de la néo-soul du Sud-africain Nakhane (un concert à vivre en direct sur l’antenne de fip) :

Le mélange des genres est un pari généralement réussi aux Trans. En convoquant à Rennes cette année 6 continents avec près de 35 nationalités représentées, le festival donne à voir et à entendre le monde malgré la chaleur relative des grands halls qui accueillent les concerts en soirées. Face au reggae éthiopien de Gili Yalo  ou la Bubu musique de Janka Nabay  et son gang, les tenants d’un groove sans frontière devraient ainsi être comblés par la modernité de ces rythmes africains. Quelque part entre Kinshasa et Paris, c’est aussi l’afro-punk très attendu de TSHEGUE  qui fera le plein – on n’en doute pas – au Hall 08 samedi soir :

Après quelques éditions assez timides – et malgré de belles surprises, on ne peut que saluer un retour en force du hip hop aux Trans cette année. Derrière la sensation rennaise Columbine  qui devrait faire le grand show à domicile jeudi soir, une nouvelle vague passionnante est attendue à Rennes. L’excellente santé actuelle du rap anglais sera ainsi incarnée par les Londoniens de Too Many T’s.   Mais du Brésil de Deejay Irie  aux Coréens de XXX sans oublier les Bretons Krismenn  et ABD, le rythme et la poésie devraient de toute façon marquer de nouveaux points cette année dans le grand Ouest.

Même si l’Indien Alluri  et sa pop so british  méritent clairement le détour, on misera volontiers cette année sur les formations les plus psychédéliques du genre comme le collectif sans frontière Superorganism  ou encore les effluves persiques de Flamingods. Plus sauvage, le duo garage-punk de Pretoria Make-Overs  devrait faire suer durablement l’assistance du Hall 03 samedi soir tandis que le groove portera haut ses couleurs grâce à la soul des Canadiens de Tanika Charles  ou le funk gonflé des déjà stars Tank and the Bangas  :

Du côté des musiques électroniques enfin, le choix sera de nouveau très conséquent cette année à Rennes puisque quasiment tout le spectre sera représenté, notamment dans la fosse impressionnante de la Green Room. Grâce à la bonne idée d’un focus porté sur les beats sud-américains et leur scène prolifique, ne ratez pas dès jeudi soir la techno tropicale de Mitu  ou la house colombienne de Ghetto Kumbé.  Mais aussi l’electronica de Bottlesmoker, la chillwave de Washed Out, ou encore la house forgée et entêtante du Parisien Kiddy Smile  :

FIP est partenaire des 39e Trans Musicales de Rennes. Sessions vidéo, concerts live, interviews suivez les Trans sur fip.fr durant tout le festival avec Culturebox.