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"Aulos" l'extase groove de Jimi Tenor

Publié lepar Guillaume Schnee
Jimi Tenor / Photo Toimi Tytti
Jimi Tenor / Photo Toimi Tytti

Le chanteur et multi-instrumentiste finlandais convoque les dieux antiques dans une nouvelle œuvre inclassable rythmée par les vibrations africaines.

Passé maître dans l'art des rythmes, de la mélodie et des structures orchestrales aussi complexes que fantaisistes, Jimi Tenor est de ces rares artiste composant son discours musical unique au gré de ses voyages imaginaires. Chanteur à la voix délicate, claviériste, saxophoniste ou flûtiste, le magicien finlandais s'est révélé au monde avec sa vision expérimentale et la forme libre d'une soul mystérieuse et d'un jazz cosmique s'envolant au milieu des années 90 vers des astres électroniques jusque là inconnus avec des œuvres comme Intervision, Organism et Out of Nowhere.

Toujours en quête de nouvelles aventures sonores universelles, c'est en Afrique que Tenor a trouvé son inspiration, travaillant avec des maîtres rythmiques comme le nigérian Tony Allen ou l' éthiopien Abdissa « Mamba » Assefa. Pour son précédent album, l'artiste s'est engagé avec le label allemand Philophon, basé à Kumasi au Ghana, s'accompagnant du batteur local Ekow Alabi Savage sur son précédent album Order of Nothingness et présent également sur son long-format Aulos, sorti le 20 novembre et en écoute ici :

"Aulos est un instrument à vent de la Grèce antique. Dans sa signification mythologique, il symbolise l'extase et la mondanité. Il a été joué par les satyres, qui entouraient Dionysos, le dieu du bonheur terrestre." Symbolisé par la flûte traversière de Jimi Tenor, omniprésente sur l'album, Aulos est une nouvelle démonstration du génie orchestral de l'artiste conjuguant en toute liberté jazz, soul, Krautrock, échappées psychédéliques et technoïdes, funk ou fantaisie easy-listening, le tout trempé dans un bain de jouvence highlife ou afrobeat. 

Un rêverie intemporelle et un cocktail groove extatique produits à Berlin avec le batteur allemand Max Weissenfeldt et enregistrés avec une pléiade d'invités comme le guitariste de Pat Thomas Sergio Manuel, la jeune Ghanéenne Kofi Emma au tambour kpanlogo, l'ancêtre de la conga, ou les deux reines du Frafra-Gospel Florence Adooni et Lizzy Amaliyenga. Sublime !