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"Aka Chosen", l'hymne gospel à la tolérance de Natalia M King 

Publié lepar Guillaume Schnee
Natalia M King / Philip Ducap
Natalia M King / Philip Ducap

La chanteuse et guitariste américaine revient avec "Woman Mind of My Own", un septième album intense de blues et de soul dont elle dévoile un titre gospel LGBT poignant.

Longtemps, la musique de Natalia M King a été l'expression viscérale d'une vie tourmentée, une musique de l'âme aux riffs rock rageur que l'artiste développait avec sincérité sur ses deux premiers albums Milagro et le bien nommé Furry & Sound. Puis vint le temps de l'apaisement et des aventures blues et jazz de la songwriter sur les albums Soulblazz et Bluezzin T'il Dawn. C'est dans cette quête permanente de s'inscrire dans les racines blues de la musique américaine que Natalia M King a trouvé l'inspiration pour écrire les neuf titres de son nouvel album Woman Mind of My Own, attendu le 5 novembre sur Dixiefrog Records. Deep blues, ballade soul ou musique folk, la musicienne signe une célébration sublime de cette americana indissociable de son ADN et se livre sans fard, avec humilité et détermination comme sur le titre militant Aka Chosen :

Sur le gospel LGBT, Aka Chosen, Natalia M King s’empare de la couronne de l’élue "qui doit contribuer à ouvrir l’esprit de ceux qui pensent que la couleur de peau ou l’orientation sexuelle reste un critère, une valeur … Dire que je suis une élue c’est prendre le contre pied de ceux qui prétendent au contraire que je suis maudite et damnée parce que homosexuelle". Sur l'album, son chant a gardé toute son intensité émotionnelle lorsqu'elle livre des versions bouleversantes de One More Try de George Michael, de (Lover) You Don’t Treat Me No Good du groupe soul Sonia Dada avec l'aide du bluesman néo-zélandais Grant Haua et de Pink Houses de John Cougar Mellencamp en duo avec Elliott Murphy, autre américain exilé en France.

Natalia M King / Philip Ducap
Natalia M King / Philip Ducap

Une maîtrise du blues que Natalia M. King a acquis peu à peu au cours d'une vie passée à voyager, se chercher. L'artiste a fui très jeune le quartier latino-américain de Brooklyn, où elle est née, pour voyager à travers les Etats-Unis d’Est en Ouest, de l’Oregon à Seattle, accumulant les petits boulots et s'engageant même sur un chalutier pour arriver en Alaska. Après quelques années passées en Californie, elle s'installe à Paris en 1998 où sa carrière musicale va pouvoir démarrer après avoir longtemps joué dans le métro. Trois albums et un long silence de 7 ans, Natalia M. King revient ensuite en 2014, avec le flamboyant Soulblazz enregistré avec des jazzmen français comme Stéphane Belmondo et Pierrick Pédron puis en 2016 avec Bluezzin T'il Dawn.