Spécial Jean-Michel Basquiat et le Jazz
Jean-Michel Basquiat - 1983 St. Moritz, Switzerland – Photo de Lee Jaffe/Getty

Mathieu Durand, le rédacteur en chef du magazine Jazz News, imagine une programmation autour de l'oeuvre de l'artiste d'avant-garde.

Dimanche 13 janvier à 19h, le journaliste et chroniqueur Mathieu Durand (Jazz Magazine, 96, Jazz News, La Terrasse), évoque la double exposition en cours de La Fondation Louis Vuitton et notamment la partie qui s'intéresse à Jean-Michel Basquiat. "L'idée, dit-il, est de passer les artistes qu'il a peints, de Charlie Parker à Max Roach. Mais aussi tous ceux qui ont fait des hommages plus récents de Robert Glasper à Don Byron". Une programmation entre tradition et modernité. 

Depuis le 3 octobre et jusqu'au 21 janvier, La Fondation Louis Vuitton présente deux parcours distincts sur Jean-Michel Basquiat et Egon Schiele, peintres fascinants, devenus des figures majeures de l’art du XXe siècle. Malgré les décennies qui les séparent, ils en ont en commun l'énergie singulière d'une oeuvre fulgurante qui traduisait leur colère à l’égard de la société. Mais c'est plus particulièrement Basquiat, le chef de file de la mouvance underground, qui nous concerne ici, la musique faisant partie intégrante de sa vie. L'exposition met en lumière cette relation intime. Du hip-hop au classique, il écoutait beaucoup de musique et particulièrement du jazz, un de ses grands sujets d'inspiration, une passion qui lui vient de son père. L’œuvre Trumpet, peinte en 1984, est un hommage rendu à un Miles Davis sacralisé : 

Trumpet, 1984 Giclee Print by Jean-Michel Basquiat

Trumpet, 1984 Giclee Print by Jean-Michel Basquiat

Jean-Michel Basquiat aimait aussi Dizzy Gillespie, John Coltrane et vénèrait particulièrement Charlie Parker qu'il a souvent représenté. Dans la toile intitulée Horn players (les joueurs de cor) il rend hommage à Gillespie et Parker. Les mots présents sur ce triptyque font référence aux compositions des deux artistes. Basquiat connaissait par coeur les faits, les dates et les lieux de la vie de Parker, qu'il mettait en parallèle à la sienne. Le morceau Ornithology que l'on retrouve à plusieurs reprises sur la toile est le titre d'un de l'un des morceaux les plus connus du saxophoniste, et fait référence à son surnom Bird : 

Horn Players (1983),

Horn Players (1983), © Jean-Michel Basquiat

Dans le documentaire The Radiant Child, Tamra Davis (amie de Basquiat ) a souhaité que la B.O soit proche de la musique de Charlie Parker qui obsédait l'artiste. On voit un extrait d’interview filmé de Basquiat. Le journaliste lui parle du caractère primitif de ses toiles. Il répond : « primitif, vous voulez dire comme des primates? »

Précisons que Jean-Michel Basquiat a lui aussi, pratiqué la musique. En 1979, il fondait le groupe Bad Fools avec Michael Holman, Shannon Dawson et Vincent Gallo. Le groupe devient Channel 9 puis Test Pattern avant de prendre le nom de Gray lorsque Dawson quitte le groupe et que Nick Taylor et Wayne Clifford l'intègrent. Très inspirés par le compositeur John Cage, leur approche de la musique était très expérimentale. 

Programmation musicale

19h02

Ornithology

Par : Charlie Parker All Stars

19h08

Now S The Time

Par : Eddie Jefferson

19h11

The King Of The Zulus

Par : Louis Armstrong

19h15

Ask Me Now

Par : Thelonious Monk

19h19

Driva Man

Par : Max Roach

Album : 

FREEDOM NOW SUITE (1960)

19h24

Sunday

Par : Ben Webster

Album : 

BEN WEBSTER MEETS OSCAR PETERSON (1959)

19h28

April Fools

Par : Aretha Franklin

19h32

Louisiana Stomp

Par : Clifton Chenier

19h34

Little Church (feat. Hiatus Kaiyote)

Par : Miles Davis & Robert Glasper

Album : 

EVERYTHING S BEAUTIFUL (2016)

19h41
19h46

Strollin (pour Jean Michel Basquiat)

Par : David Murray

19h48

I Know Why The Caged Birds Sing

Par : Buckshot Lefonque

19h55

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