Menu
Écouter le direct

Certains l'aiment Fip : Spike Lee

Publié le
Replay émission du 12 avril 20172:01:53
Spike Lee en 2016 / John Parra / Getty
Spike Lee en 2016 / John Parra / Getty

Mercredi 12 avril à 20h, FIP part sur les traces du réalisateur Spike Lee, amoureux de jazz, de hip hop, et de New York City.

Chaque mercredi de 20h à 22h, une émission animée par Susana Poveda et réalisée par Denis Soula.

La filmographie de Spike Lee, c’est un peu comme le célèbre Pont de Brooklyn : un édifice magistral qui permet d’admirer la ville de New York. A l’instar d’un Woody Allen, le réalisateur américain a mis en images son amour de la ville dans de nombreux films. Et pour ses bandes sonores, il a puisé dans l’infinie culture musicale de New York. Du jazz au hip hop en passant par le classique, Spike Lee sait utiliser la musique pour raconter des histoires.

A la fin des années 80, le hip hop florissait à New York, et Spike Lee n’y est pas pour rien. En 1989, il a réalisé le film Do the Right Thing, qui chronique la journée la plus chaude de l’année à Brooklyn, et qui fait état des tensions sociales et raciales dans le quartier. « We needed an anthem » (« il nous fallait un hymne »), a-t-il déclaré à propos du film. Il a alors demandé au groupe Public Enemy de composer une chanson, et c’est ainsi qu’est née Fight the Power. Le titre a tout simplement, et sans exagérer, marqué l’histoire du hip hop. Le clip est signé… Spike Lee.

Et puis du jazz … Très tôt, le jeune Spike a eu l’occasion de s’imprégner de cette musique, car son père était contrebassiste professionnel. Par la suite, père et fils ont collaboré pour les bandes originales de Spike Lee jusqu’en 1989. En 1991, ce fut le début d’une autre collaboration qui allait durer longtemps : celle entre le réalisateur et le trompettiste Terence Blanchard. Pour le film Jungle Fever réalisé cette année-là, Spike Lee lui demanda de composer la musique. Depuis, le trompettiste, mais aussi compositeur et arrangeur, a contribué aux partitions de chacun des films du réalisateur.

Après le succès de Do the right thing, Spike Lee est resté du côté de Brooklyn pour filmer un autre de ses grands films, Mo’ Better Blues. Le film raconte la vie et la carrière d’un trompettiste de jazz à la fin des années 60. Denzel Washington, qui y joue le rôle principal, deviendra un des acteurs fétiches de Spike Lee avec des rôles de premiers plans dans des films comme Malcom X, He Got Game, et Inside Man. Composée par le quartet de Brandford Marsalis, on y retrouvait déjà dans la bande originale Terence Blanchard et le son de sa trompette.

Si le hip hop et le jazz ont marqué la filmographie de Spike Lee, les autres genres ne sont pas en reste. Dans Girl 6, réalisé en 1996, c’est la musique de Prince que l’on retrouve. Dans Do The Right Thing, le reggae de Steve Pulse vient se glisser aux côtés des chansons de Public Enemy. Et dans The Very Black Show, c’est la chanson Misrepresented People de Stevie Wonder que l’on trouve dans la première scène du film.

Au-delà de la musique, Spike Lee est aussi un grand fan de sport. Supporter emblématique de l’équipe de basket des New York Knicks, rares sont les matchs qu’il manque au premier rang de la célèbre salle du Madison Square Garden. Cette passion pour le basket, il l’a notamment exprimée dans He Got Game en 1998. Dans le film, c’est avec perfection que Spike Lee associe les images de basket dans les rues de New York avec les partitions de musique classique d’Aaron Copland. A l’image de beaucoup de ses films, la scène d’introduction est un petit poème tout en images et en musique où il exprime son amour pour New York et pour ses habitants.