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Certains l’aiment FIP : Pedro Almodóvar

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Replay émission du 23 septembre 20152:00:11
Pedro Almodóvar prix Lumière 2014 - Pathé Distribution
Pedro Almodóvar prix Lumière 2014 - Pathé Distribution ©undefined

[Replay] A l’occasion de l’anniversaire de Pedro Almodóvar le 25 septembre et du tournage de son nouveau long-métrage Silencio, Certains l'aiment Fip se penche sur les BO croustillantes de ses films.

Du punk catalan à la rumba congolaise, de Caetano Veloso à Luz Casal, le génial réalisateur à l’esthétique flamboyante a soigné ses bandes-sons. FIP invite les accros d’Almodovar à replonger dans son univers baroque et passionné. Une émission animée par Susana Poveda et réalisée par Denis Soula. La programmation musicale est signée Patrick Derlon.

La présence même d’une chanson est un élément essentiel pour le déroulement de l’histoire. Je ne l’utilise jamais d’une manière banale. Il y a toujours une articulation avec le cœur du film. Pedro Almodóvar

Fils d’un muletier et d’une femme de ménage passionnée par la lecture et l’écriture, Pedro Almodóvar a grandi aux côtés de ses sœurs, dans un univers de femmes. Il vit sa jeunesse à la fin du Franquisme qui supprime les libertés et remplace la culture par la propagande.

A l’âge de 16 ans, il part seul à Madrid sans le sou, à la recherche de son rêve. Faire du cinéma.

En 1980, lorsque la démocratie arrive en Espagne, il met en lumière son pays en pleine mutation.

Loin des clichés de la femme objet de désir, il exprime une vraie passion pour la gente féminine qu’il filme mieux que personne. Il tourne Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier, son premier long métrage en 16mm, une comédie crue et provocatrice avec Carmen Maura (une de ses actrices fétiches).

Au fil de ses réalisations, Pedro Almòdovar deviendra l'icône de la Movida. Matador (1986) est son sixième film. On baigne dans un univers pervers et délirant où la mort et le désir semblent indissociables.

En 1988, il connaît son premier grand succès international avec Femmes au bord de la crise de nerf , une comédie déjantée et virtuose, inspirée de « La voix humaine » de Jean Cocteau (1930), le monologue d’une femme délaissée par son amant.

La comédienne Carmen Maura, très proche du réalisateur, évoquera ces jours comme un véritable enfer. Ils ne retrouveront leur complicité que 18 ans plus tard ...

Le cinéma d’Almòdovar est électrisant car il explore les passions. Après Attache-moi (1990), un film sadomasochiste et drôle à la fois, "presque un conte de fées romantique ", dira son réalisateur, sort Talons aiguilles (1991), avec Victoria Abril et Marisa Paredes. C’est l’un de ses films les plus aboutis. Il met en scène, sur fond d’intrigue policière, la relation inextricable d’une mère célèbre chanteuse pop qui rentre chez elle après 15 ans d’absence. Se sachant très malade elle décide de donner un ultime concert et de se réconcilier avec sa fille en mal d’amour. D’où le titre espagnol Tacones Lejanos, qui signifie « talons lointains ».

Suivront Kika (1993), un méli-mélo très kitch qui dénonce l'artifice et le mensonge de nos vies modernes La fleur de mon secret (1995), En chair et en os (1997) le magistral et bouleversant Tout sur ma mère sorti tourné en 1999 avec une pléiade de comédiennes fantastiques dont Cécilia Roth incarnant la douleur d’une mère qui perd son fils. Le film avait reçu le Prix de la mise en scène à Cannes.

Encore un chef-d’œuvre en 2002, Parle avec elle , un scénario tout de chair et d’esprit qui cette fois sonde les passions masculines avec Marco et Benigno qui s’occupent de femmes dans le coma.

On se souvient aussi de la danse de Pina Bausch et de la scène magique où Caetano Veloso chante Cucurrucucu Paloma.

Après La mauvaise éducation (2004), Almodovar tourne à nouveau avec l’actrice Carmen Maura. Elle partage l'affiche de Volver avec la belle Penelope Cruz (Raimunda) qui découvre le cadavre de son mari dans son appartement madrilène. Le film a reçu le Prix d'interprétation féminine pour toutes les actrices au Festival de Cannes 2006, 5 Goya en 2007, 5 European Film Awards en 2006.

Après La concejala antropogaga (2008) et Etreintes brisées (2009), citons La piel que habito (2011), le thriller à fleur de peau qui scelle les retrouvailles du réalisateur avec l’acteur Antonio Banderas qu’il avait révélé au monde du cinéma dans Le Labyrinthes des passions en 1982. Après Matador, La Loi du désir, Femmes au bord de la crise de nerfs et Attache-moi, Banderas était parti tourner aux Etats-Unis. Trahison !. Il a fallu 20ans pour qu’Almodovar renoue avec son acteur fétiche.

Après la comédie très farfelue Les amants passagers (2013), Pedro Almodóvar est entrain de monter son 20ième long-métrage Silencio, un « drame percutant excitant, un cinéma de femmes, avec de grands protagonistes féminins », dit-il. On y suivra le personnage de Julieta sur une période de 30 ans, joué par 2 comédiennes inconnues du public français, Emma Suarez et Adriana Ugarte.

Le réalisateur y retrouve une de ses muses, Rossy de Palma (Femmes au bord de la crise de nerfs et La Loi du désir ), Dario Grandinetti (Parle avec elle ) et Pilar Castro (Volver ).

Patientons jusqu’au 18 mai 2016 pour le voir en France.

Pathé Distribution
Pathé Distribution ©Radio France