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Certains l'aiment Fip : Brian de Palma

Publié le
Replay émission du 14 septembre 20162:01:16
Brian de Palma sur le tournage de "Femme Fatale" en 2002 | Etienne George/ Getty
Brian de Palma sur le tournage de "Femme Fatale" en 2002 | Etienne George/ Getty ©undefined

Mercredi 14 septembre à 20h, FIP explore l'oeuvre du réalisateur américain à l'occasion de la célébration de "Phantom Of The Paradise" à la Philharmonie de Paris.

FIP met le cinéma sur écoute et invite les auditeurs à une balade dans l’imaginaire musical d’un cinéaste, d’un genre ou d’un compositeur de BO. En explorant les partitions d’un cinéma sensible au son et aux vibrations, FIP propose un puzzle impressionniste jouant sur l’émotion et les sensations.

Mercredi 14 septembre à 20h, FIP vous propose une émission spéciale sur la carrière cinématographique du réalisateur Brian de Palma  à l'occasion de la célébration à la Philharmonie de Paris par Thomas de Pourquery de son glam-opera Phantom Of The Paradise. Une émission présentée par Susana Poveda, réalisée par Denis Soula et mise en musique par Alexandre Desurmont.

Rebelle, humaniste, cinéaste hollywoodien autant que figure de la marge, Brian de Palma demeure à 76 ans un enfant de l’Amérique des années 70, fasciné par les fantasmes et les vices d’une société tiraillée entre contre-culture et rêves de grandeur.

Après des débuts new-yorkais en dents de scie autour de films alternatifs où il donne ses premiers rôles à Robert de Niro, le jeune De Palma débarque en Californie à l’orée des années 70 où il fait la rencontre des Lucas, Scorsese ou encore Spielberg. Entouré de ces emblèmes du Nouvel Hollywood, De Palma devient lui aussi un réalisateur qui se veut maitre de ses films, refusant aux studios le final cut, et dévoile en 1974 son film ovni Phantom Of Paradise, bijou pétillant et psychédélique inspiré autant par le mythe de Faust, le Fantôme de l'Opéra de Gaston Leroux, que par son expérience malheureuse avec le studio Warner sur le film *Greetings * :

Ce conte burlesque et tragi-comique est un concentré de ce que les années 70 offrent alors de plus glam et de plus déjanté. Derrière l’histoire d’un artiste dépossédé de son œuvre par un pacte avec un producteur machiavélique (qui évoque clairement Phil Spector), c’est une fable musicale haute en couleurs que réalise alors Brian de Palma, s’associant au compositeur Paul Williams qu’il fait passer devant la caméra pour interpréter l’horrible Swan, et qui signe pour l'occasion une bande-son mémorable empruntant à tous les genres de l'époque :

Après cette consécration personnelle, De Palma poursuit en 1981 sur une ligne plus sombre avec Blow-Out, thriller forgé dans le fracas militaire des années 70 où John Travolta tient le rôle principal pour rechercher la vérité autour d’un crime politique. De Palma y retrouve sur ce film celui qui devient alors l’un de ses compositeurs fétiches, l’Italien Pino Donaggio  qui signait déjà en 1976 la bande originale de Carrie, l'adaptation à l'écran du premier roman de Stephen King :

Les années 80 sont celle d’un règne hollywoodien pour Brian de Palma. C’est le remake culte du *Scarface * d’Howard Hawks en 1982 qui fait de lui l’un des maitres les plus convoités du cinéma américain, projetant dans une modernité et une violence jamais vue le film de gangsters, et confirmant à l’écran un Al Pacino stupéfiant et dévoré par l’argent et la drogue. Là encore, la musique contribue grandement à la flamboyance des images avec une bande-son disco-rock réalisée par le producteur italien Giorgio Moroder :

De Palma durant cette période continue à explorer la veine du film de gangsters, en passant du côté policier cette fois-ci avec Les Incorruptibles  en 1987, son deuxième plus grand succès après *Scarface * et qui s’inspire de l’histoire d’Al Capone. Oscarisé, le film remporte également en 1988 le Grammy Award de la meilleure musique de films grâce au génie de l’Italien (là encore) Ennio Morricone :

Brian de Palma sollicita également à plusieurs reprises dans les années 90 l'un des plus grands compositeurs japonais : Ryūichi Sakamoto. Sur Snake Eyes  mais aussi pour Femme Fatale, cette figure du cinéma nippon prête ses claviers et sa grande inspiration sur ces deux films du réalisateur américain :