Les musiques de Youssef Chahine
Youssef Chahine / Maher Attar/Sygma via Getty

Une balade musicale dans l'univers créatif du cinéaste égyptien à l'occasion de la rétrospective de son oeuvre à la cinémathèque française.

Cette saison, Certains l'aiment Fip prend ses quartiers tous les dimanches à 20h. FIP met le cinéma sur écoute et invite les auditeurs à une balade dans l’imaginaire musical d’un cinéaste, d’un genre ou d’un compositeur de BO. Une émission présentée par Susana Poveda et réalisée par Denis Soula avec une sélection musicale de Pierre François.

Maître de la mise en scène au style inclassable, le cinéaste d'Alexandrie filmait la liberté, la tolérance et l'amour, alternait comédies musicales, films autobiographiques ou fresques historiques. Il bravait la censure avec ses films engagés, s'attaquait au pouvoir, à la mondialisation, à l'imbécillité et à l'intégrisme qu'il soit musulman ou chrétien. Bercé par l'âge d'or des comédies musicales américaines et égyptiennes, Youssef Chahine avait débuté sa carrière avec des films musicaux comme Papa Amin en 1950 ou au drame avec Le Fils du Nil en 1951 puis Le Démon du désert en 1954 dans lequel il lança le jeune Omar Sharif.

Il abandonne un temps le divertissement des années 1950 avec son chef-d'oeuvre Gare centrale (1958), connaît le succès avec Saladin (1963), avant d'être censuré par son pays et l'Union soviétique pour Un jour, le Nil (1968). Dès 1967 après un exil au Liban, il commence son long travail de révolte avec des films de plus en plus engagés. Un militantisme que cet esprit libre va exprimer en musique dans ses films définis plus tard comme des tragédies musicales avec La Terre (1969) ou Le Retour de l'enfant prodigue (1976).

Il s'affranchit de tout genre cinématographiques avec ses films autobiographiques Alexandrie pourquoi ? (1979) puis La Mémoire (1982), où il met en scène Oum Kalsoum en concert, disparue sept ans auparavant et dont il avait commencé à faire le biopic. Après sa fresque historique Adieu Bonaparte (1985) il met en scène la chanteuse Dalida dans le drame Le Sixième Jour (1986). Expressions de liberté et de joie du peuple, le chant et la danse sont omniprésent dans l'oeuvre du cinéaste comme dans la fresque L'Émigré (1994), pour lequel il est menacé par les  fondamentalistes musulmans et chrétiens.

Deux ans avoir reçu le prix du 50e anniversaire du Festival de Cannes, Youssef Chahine sort L'Autre (1999) puis revient à la comédie musicale légère avec Silence... on tourne (2001) et Alexandrie... New York (2004). Avant de s'éteindre le 27 juillet 2008 au Caire, Youssef Chahine parle de la révolte du peuple dans Le Chaos, un film sorti en 2007, trois ans avant Le Printemps arabe. Réalisateur, acteur, scénariste, producteur, le cinéaste s'occupait de tout dans le processus de création depuis la conception du film jusqu'à l'affiche. En cinquante ans de carrière, il aura réalisé près de cinquante longs-métrages. Dix ans après sa mort, la cinémathèque française lui rend hommage avec une rétrospective et une exposition jusqu'au 28 juillet.

Programmation musicale

20h00

I Ve Got The World On A String

Par : Frank Sinatra

20h08

Al Nasser Salah Ad Din : Saladino (danza Nell Oasi)

Par : Orchestre Symphonique Du Caire

Album : 

BOF / AL NASSER SALAH AD DIN / SALADIN (1963)

20h19

Generique

Par : Kamal El Tawil

20h21

Gamr El Hawa

Par : Mohamed Mounir

20h29

Taksim Nay

Par : Muhammad Fuda

Album : 

EGYPTE - LE NIL DU DESERT A LA MER (1997)

20h35

Wayak (avec Toi)

Par : Farid El Atrache

Album : 

NOSTALGIQUE EGYPTE (1942)

20h41

Deny

Par : Yasmine Hamdan

Album : 

YA NASS (CD PROMO FIP) (2013)

20h48

Lameen (piano Version)

Par : Fairouz

20h49

Yes Sir That S My Baby

Par : Eddie Cantor

Album : 

L AGE D OR DES COMEDIES MUSICALES DE BROADWAY (1941)

20h51

Le Caire

Par : Yehia El Mougy

20h59

Last Tango In Paris Main Theme

Par : Gato Barbieri

Album : 

THIS THE RETURN OF CULT FICTION (1996)

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