Les bandes originales de Ry Cooder
Ry Cooder / Robert Knight Archive / Getty

A l'occasion de son concert à l'Olympia, FIP vous propose une longue ballade dans les musiques de films du guitariste.

Cette année Certains l'aiment Fip prend ses quartiers tous les dimanches à 20h. FIP met le cinéma sur écoute et invite les auditeurs à une balade dans l’imaginaire musical d’un cinéaste, d’un genre ou d’un compositeur de BO. Une émission présentée par Susana Poveda et réalisée par Denis Soula avec une sélection musicale de Pierre François.

En mai dernier Ry Cooder effectuait son retour discographique après six ans de silence avec l'album The Prodigal Son qu'il présentera sur la scène de L'Olympia à Paris le 21 octobre. L'occasion pour l'équipe de Certains l'aiment Fip de nous proposer un périple musical de cet artiste surdoué qui dès les années 80 nous a offert quelques musiques de films mythiques. Avec sa guitare slide, Ryland Peter Cooder dit Ry Cooder a fait ses débuts avec le bluesman Taj Mahal avant de devenir un des musiciens de studio les plus demandés en jouant avec Captain Beefheart, Neil Young, les Rolling Stones, Jackson Browne, ou Randy Newman. Dans les années 70 il entame une carrière solo et explore, sur neuf albums, le vaste répertoire de la musique populaire américaine. Surnommé "Le Musicologiste", l'univers de Ry Cooder va du blues originel à la country en passant par le tex-mex, le jazz des années 20, le rock cajun ou la soul.

Celui qui va progressivement devenir l'un des artistes majeurs de ce que l'on appellera la world musique, entame une série de voyages dans les années 80 et en rapporte des sons d'Inde, du Japon, d'Irlande, d'Afrique ou des pays latins. Ry Cooder avait eu une première expérience avec le cinéma dans les années 70 sur Watermelon Man (Melvin Van Peebles) ou Performance avec Mick Jagger. Mais il commence vraiment à composer pour le grand écran après sa rencontre avec le cinéaste Walter Hill dont il écrit en 1980 la musique du western The Long Riders (Le Gang des frères James ). Le guitariste devient le compositeur attitré de Hill et composera neuf fois pour lui (Sans retour, Johnny Belle Gueule, Revenger...).

Mais le spécialiste du bottleneck (cylindre d'acier glissant le long des cordes) est à jamais associé au chef-d’œuvre contemplatif de Wim Wenders, Paris Texas. En 1984 il s'entoure de David Lindley (banjo, mandoline) et du pianiste Jim Dickinson pour l'une des plus belles BO du 7ème art, dont le thème est inspiré de Dark Was The Night, Cold Was The Ground du bluesman Blind Willie Johnson. Ry Cooder va retrouver Wenders en produisant l'épopée des artistes cubains du Buena Vista Social Club en 1996 puis sur le film du cinéaste allemand The end of violence un an plus tard.

Avant sa participation à cette nouvelle déferlante de musique cubaine dans le monde avec le Buena Vista, Ry Cooder avait multiplié les expériences de métissages musicaux avec le musicien hindien Vishwa Mohan Bhatt sur A Meeting By The River, le Malien Ali Farka Touré sur Talking Timbuktu, le guitariste japonais Shoukichi Kina sur Introduction, les Irlandais des Chieftains sur The Long Black Veil, les Hawaïens Pahinui Brothers... En 1993 il enregistre avec les Mongols des Tuvan Throat Singers la musique du film Geronimo : An American Legend de Walter Hill.

Ry Cooder a travaillé sur une vingtaine de bandes originales dans des styles très différents et parmi lesquelles on peut encore citer Alamo Bay de Louis Malle, The Border de Tony Richardson, Blue City de Michelle Manning, Primary Colors de Mike Nichols ou encore My Blueberry Nights de Wong Kar-wai, avec le compositeur argentin Gustavo Santaolalla.

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