La bande originale de Sergio Leone
Sergio Leone et les acteurs de "Once Upon a Time in the West" / Sunset Boulevard / Getty

A l'occasion de la sortie d'une biographie et d'une rétrospective/exposition à la Cinémathèque, FIP vous plonge dans l'univers musical du cinéaste.

Cette année Certains l'aiment Fip prend ses quartiers tous les dimanche à 20h. FIP met le cinéma sur écoute et invite les auditeurs à une balade dans l’imaginaire musical d’un cinéaste, d’un genre ou d’un compositeur de BO. Une émission présentée par Susana Poveda et réalisée par Denis Soula avec une sélection musicale de Pierre François.

Du 10 octobre au 27 janvier la Cinémathèque Française va célébrer le réalisateur et scénariste italien avec une rétrospective de ses films doublée de l'exposition Il était une fois Sergio Leone en coproduction avec La Cineteca di Bologna. Au même moment sort Sergio Leone, quelque chose à voir avec la mort, biographie référence écrite par Christofer Frayling enfin traduite chez Institut Lumière/Actes Sud. L'occasion pour l'équipe de Certains l'aiment Fip de vous proposer une chevauchée musicale dans l'oeuvre de ce Romain qui a changé la face du cinéma.

Dans sa filmographie Sergio Leone a d'abord fait appel au compositeur Angelo Francesco Lavagnino pour ses deux premiers péplums Les Derniers Jours de Pompéi et Le Colosse de Rhodes, puis à Miklos Rozsa pour Sodome et Gomorrhe. Avant de débuter sa trilogie du dollar en 1964 avec Pour une poignée de dollars, il retrouve Ennio Morricone, son ami depuis les bancs de l’école, pour ce qui sera l'un des plus grands tandems réalisateur-compositeur de l'histoire du cinéma.

J'ai toujours senti que la musique est plus expressive que le dialogue. J'ai toujours dit que mon meilleur dialoguiste et scénariste est Ennio Morricone. Sergio Leone

A écouter : Certains l'aiment Fip : Ennio Morricone ►

Sergio Leone est né le 3 janvier 1929 à Rome et grandit durant le régime fasciste et la guerre. Passionné par la culture populaire, notamment d’outre-Atlantique, les mythologies triviales du cinéma américain et de la bande dessinée, il suit naturellement la voie de son père le réalisateur Vincenzo Leone alias Roberto Roberti et commence comme assistant du réalisateur Vittorio De Sica sur le tournage du Voleur de bicyclette (1948), film dans lequel il tient également un petit rôle de curé. Il travaille ensuite pour des cinéastes américains venus tourner dans les studios de Cinecittà pour fuir le maccarthysme.

Il collabore à Quo Vadis ? (1951) de Mervyn LeRoy, à Hélène de Troie (1955) de Robert Wise et à Ben Hur (1959) de William Wyler. Lorsqu'il débute dans la mise en scène en 1959, en remplaçant Mario Bonnard, tombé malade sur le tournage des Derniers jours de Pompéi, il s'attaque à un cinéma populaire, le péplum. Le colosse de Rhodes (1961), le premier film qu'il dirige de bout en bout, reste une référence du genre. En 1962, il dirige la seconde équipe de Sodome et Gomorrhe de Robert Aldrich et dévoile un goût pour le baroque et la démesure.

Le péplum vit alors ses derniers jours. Leone transpose alors son style dans un autre genre, le western à l'italienne, autrement appelé "western spaghetti" par la critique, "un des termes les plus cons que j'ai jamais entendus de ma vie" selon le cinéaste. Il s'inspire de Yojimbo (1961) d'Akira Kurosawa et réalise sous le nom de Bob Robertson Pour une poignée de dollars (1964). Le film remporte un succès international et révèle un acteur américain qui connaîtra une brillante carrière, Clint Eastwood. Le cinéaste affirme son style et démystifie le rêve américain du Far West dans les deux derniers volets de cette trilogie : Et pour quelques dollars de plus (1965) et Le bon, la brute et le truand (1966).

Il s'attaque ensuite à une trilogie plus ambitieuse dont le premier opus, Il était une fois dans l'Ouest (1968), écrit par Bernardo Bertolucci, poursuit le processus de démystification de l'Ouest. L'humble cow-boy héroïque à la conquête d'un nouveau monde devient chez Leone une crapule crasseuse dont les actes ne sont dictés que par l'intérêt, par la cupidité ou par la peur. Dans ce film, il utilise à contre-emploi Henry Fonda, un acteur fétiche de John Ford, chantre américain du western, et en fait un truand crédible. Leone se distingue surtout par les innovations esthétiques qu'il apporte à un genre éculé et éprouvé. La lenteur du rythme, la dilatation du temps, la violence des duels, l'alternance des gros plans et des panoramiques, accompagnés par la musique d'Ennio Morricone, participent à la création d'un univers qui lui est propre.

Dans la plupart de ses films, il utilise la structure dramatique de l'opéra italien, avec une ouverture où se mettent en place les éléments du film développés en cinq actes. Cette construction est particulièrement flagrante dans Il était une fois en Amérique, mis en chantier en 1972 et achevé en 1983. Cette fresque baroque sur les gangsters des années 1930 à Chicago mêle les thèmes de l'amitié, de la trahison, du sexe, du pouvoir et de la mort, traités tour à tour avec violence, humour et tendresse. Entre-temps, Leone produit deux films parodiques qui marquent la fin du western spaghetti, Mon nom est Personne (1973) de Tonino Valerii et Un génie, deux associés, une cloche (1975) de Damiano Damiani. Il meurt en 1989 avant d'avoir pu achever un nouveau projet, Les neuf cents jours de Leningrad.

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