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Sur les traces de Jean Michel Basquiat, C'est Magnifip !

Publié le
Replay émission du 31 octobre 20172:00:52
Basquiat in 1983 in St. Moritz, Switzerland. Photo de Lee Jaffe/Getty
Basquiat in 1983 in St. Moritz, Switzerland. Photo de Lee Jaffe/Getty

FIP vous embarque dans l'univers atypique de l'autodidacte, pionnier de l'art contemporain.

Fip explore un nouvel itinéraire et donne rendez-vous chaque mardi à 20h aux auditeurs pour une nouvelle échappée musicale. Une émission animée par Frédérique Labussière et réalisée par Massimo Bellini. La programmation musicale est signée Christian Charles.

Mardi 31 octobre de 20h à 22h, FIP vous balade parmi les collages, les signes, les mots qui s'entrechoquent de Jean-Michel Basquiat, dans son univers emprunt d'anatomie, de vaudou, de catholique, de graff, de tag, de boxe et aussi de bebop, hip-hop, noise rock, musiques latino et afro-américaines... tout un monde riche des influences de Dubuffet, Léonard de Vinci, Twombly, Andy Warhol :

Basquiat, Warhol, Braithwaite (Fab Five Freddy). Photo de Patrick McMullan/Getty
Basquiat, Warhol, Braithwaite (Fab Five Freddy). Photo de Patrick McMullan/Getty ©Radio France

Né dans une famille de la moyenne bourgeoise, d'une mère portoricaine et d'un père haïtien en 1960, Jean-Michel Basquiat démontre dès son plus jeune âge un intérêt très prononcé pour le dessin, poussé par sa mère qui l'amène visiter les musées new yorkais. Il lit beaucoup. Adolescent, le fils d'immigrés cultivé abandonne l'école. Après avoir quitté sa famille à Brooklyn il débarque à Manhattan afin de se retrouver dans le besoin et de chercher sa propre voix. Avec son ami Diaz, il bombe les murs des bas-fonds, de Soho et East Village, de graffitis poétiques, mystérieux ou drôles qu'il signe du nom de SAMO, Same Old Shit (« même vieille merde »). Son travail évolue ensuite vers la peinture avec laquelle il teste superpositions et transparences. Il fréquente les lieux branchés de New York avec ses copines comme Madonna, pas encore connue alors. Il passe des murs de la ville aux cimaises des galeries, aux fenêtres, portes, réfrigérateurs ....

Il se fait remarquer en participant à l' exposition collective New York/New Wave organisée en 1981 par le PS1 (un satellite du MoMA), en compagnie notamment du graffeur Keith Haring et du photographe Robert Mapplethorpe. Sa rencontre avec le roi du pop art est déterminante. Une fascination mutuelle les fait travailler ensemble sur plus d'une centaine d'oeuvres.

Rappelons qu'au tournant des années 1980, le racisme et l'injustice sont un souci majeur aux Etats-Unis. Le milieu de l’art n'échappait pas à la règle. Avec son art, insidieusement qualifié de néo-primitif, Basquiat développe des sujets autobiographiques et politiques qui interrogent la vie des noirs dans ce monde de Blancs. A cette période la ville de New York connaît une révolution culturelle. Les artistes débarquent de toute l'Amérique. Ils sont souvent tout à la fois écrivains, poètes, musiciens, peintres, photographes, sculpteurs, cinéastes ...
A 20 ans, Jean-Michel Basquiat est lui-même le héros du film de Edo Nertoglio Downtown 81 dans lequel il joue son propre rôle de peintre, musicien et poète.

La musique fait partie intégrante de la vie de Basquiat. En 1979, avec Michael Holman, Shannon Dawson et Vincent Gallo, il fondait le groupe Bad Fools qui deviendra Channel 9 puis Test Pattern avant de prendre le nom de Gray lorsque Dawson quitte le groupe et que Nick Taylor et Wayne Clifford l'intègrent. Très inspirés par le compositeur John Cage, leur approche de la musique est très expérimentale.

Basquiat écoutait beaucoup de musique. Du hip-hop, du classique, du jazz, ce dernier étant un de ses sujets d'inspiration. Il aime Miles Davis, Dizzy Gillespie et vénère particulièrement Charlie Parker qu'il a souvent représenté. Dans le documentaire The Radiant Child, Tamra Davis ( amie du peintre) a souhaité que la B.O soit proche de la musique de Charlie Parker qui obsédait l'artiste. On voit un extrait d’interview filmé de Basquiat. Le journaliste lui parle du caractère primitif de ses toiles. Il répond : « primitif, vous voulez dire comme des primates? »

Le succès l'isole, il s'enferme dans la drogue. Le décès de son ami Andy Warhol en 1987 le plonge dans le désarroi. Il meurt d'une overdose d'héroïne à l'âge de 27 ans. Près de 30 ans après sa mort le 12 août 1988 à l'âge de 28 ans, l'icône qui a débarqué dans le monde de l'art sans formation, est plus célébrée dans la rue qu'au musée. Sur les 2.000 oeuvres qu'il a pu créer tout au long de sa courte vie, seule une petite vingtaine est exposée à travers tous les grands musées de New-York. Son ami l'artiste Michael Holman estime qu'il y a " une certaine dose de racisme" dans ce peu d'intérêt. " C'est une honte que les musées de New York n'aient pas davantage de Basquiat ". Il faut dire que leur côte rend la mission quasi impossible pour les institutions. Ce sont les collectionneurs privés qui détiennent presque la totalité de ses oeuvres, tels Leonardo DiCaprio, Johnny Depp, Jay Z ou encore Bono. Ses travaux s'arrachent à prix d'or, exemple son «Waterworshipper» chez Gagosian. Il est devenu le peintre le plus cher de l'histoire de la peinture contemporaine en mai dernier dans la grande maison de vente new-yorkaise Sotheby’s qui domine le marché de l’art contemporain international. Sa toile Untitled (1982) s'est vendue aux enchères au prix de 110,5 millions de dollars à l'homme d'affaire, mécène et collectionneur japonais Yusaku Maezawa. Mais quel drôle de monde !

Aujourd'hui, il n'y a plus aucune trace des graffitis signés SAMO de l'enfant de Brooklin. Néanmoins ses fans se rendent sur sa tombe, au cimetière de Green-Wood (New York) et achètent les T-shirts, sacs, baskets reprenant ses oeuvres.

Les enfants l'adorent, parce que son art et le leur sont similaires. Il leur donne la permission d'être eux-mêmes. Beaucoup de jeunes ont adopté son style, sa coupe de cheveux. Michael Holman

untilted Jean-Michel Basquiat, 1982

décédé à l’âge de 27
ans le 12 août 1988

Programmation musicale
  • 20h50
    MADONNA - EVERYBODY
    EVERYBODYMADONNA
    AlbumTHE FIRST ALBUMLabelSIRE
  • 20h46
    Strafe - Set it off
    Set it offStrafe
    AlbumMusic from porcelainLabelLITTLE IDIOT
  • 20h43
    Melissa Laveaux - Postman
    PostmanMelissa Laveaux
    AlbumDying is wild nightLabelNO FORMAT
  • 20h40
    Miles Davis And Robert Glasper - Ghetto walkin (feat. Bilal)
    Ghetto walkin (feat. Bilal)Miles Davis And Robert Glasper
    AlbumEverything's beautifulLabelCOLUMBIA
  • 20h38
    VINCENT GALLO - I WROTE THIS SONG FOR THE GIRL PARIS
    I WROTE THIS SONG FOR THE GIRL PARISVINCENT GALLO
    AlbumWHENLabelWARP RECORDS
  • 20h33
    CAN - GIVE ME NO ROSES
    GIVE ME NO ROSESCAN
    AlbumOUT OF REACH (REMASTERED 2014)LabelSPOON RECORDS
  • 20h29
    THE RAMONES - THE RETURN OF JACKIE AND JUDY
    THE RETURN OF JACKIE AND JUDYTHE RAMONES
    AlbumEnd of the centuryLabelSIRE
  • 20h25
    JANIS JOPLIN - KOZMIC BLUES
    KOZMIC BLUESJANIS JOPLIN
    AlbumI got dem ol' kozmic blues again mamaLabelCBS
  • 20h24
    GRAY, JEAN MICHEL BASQUIAT - DRUM MODE
    DRUM MODEGRAY, JEAN MICHEL BASQUIAT
    AlbumAnti nyLabelGOMMA
  • 20h20
    NINA HAGEN - AFRICAN REGGAE
    AFRICAN REGGAENINA HAGEN
    AlbumLES TUBES 80 INTROUVABLES VOLUME 2LabelEMI
  • 20h16
    JAY Z - ROC BOYS (AND THE WINNER IS)
    ROC BOYS (AND THE WINNER IS)JAY Z
    AlbumAMERICAN GANGSTERLabelROC A FELLA
  • 20h12
    AKUA NARU - THE WORLD LISTENING
    THE WORLD LISTENINGAKUA NARU
    AlbumThe journey aflameLabelJAKARTA RECO
  • 19h56
     - Bolero
    Bolero
    AlbumLeonard Bernstein dirige Maurice RavelLabelSONY
  • 19h52
    BLONDIE - RAPTURE
    RAPTUREBLONDIE
    AlbumTHE COMPLETE PICTURE THE VERY BEST OFLabelCHRYSALIS
  • 19h47
    Talking Heads - This must be the place (naive melody)
    This must be the place (naive melody)Talking Heads
    AlbumSpeaking in tonguesLabelSIRE
  • 19h43
    THE B 52 S - MESOPOTAMIA
    MESOPOTAMIATHE B 52 S
    AlbumMESOPOTAMIALabelISLAND RECORDS
  • 19h42
    BASQUIAT STRINGS, SEB ROCHFORD - DOUBLE DARES
    DOUBLE DARESBASQUIAT STRINGS, SEB ROCHFORD
    AlbumZOOM / EUROPEAN JAZZ COLLECTIVESLabelYOLK
  • 19h38
    KURTIS BLOW - THE BREAKS (PART 1)
    THE BREAKS (PART 1)KURTIS BLOW
    AlbumSay it loud ! a celebration of black music in AmericaLabelSTAX
  • 19h33
    AFRIKA BAMBAATAA - PLANET ROCK
    PLANET ROCKAFRIKA BAMBAATAA
    AlbumBrûle : the Bronx mixtape (1973-1979)LabelPIAS
  • 19h28
    THE LAST POETS - IT S A TRIP
    IT S A TRIPTHE LAST POETS
    AlbumPrime time rhyme of the last poets (the)LabelON THE ONE
  • 19h27
    CHARLIE PARKER - NOW S THE TIME
    NOW S THE TIMECHARLIE PARKER
    AlbumCompil/Le jazz de CabuLabelNOCTURNE
  • 19h24
    KLAUS NOMI - FALLING IN LOVE AGAIN
    FALLING IN LOVE AGAINKLAUS NOMI
    AlbumSIMPLE MANLabelRCA
  • 19h22
    FRANK ZAPPA - MUDD CLUB
    MUDD CLUBFRANK ZAPPA
    AlbumYOU ARE WHAT YOU ISLabelEMI
  • 19h19
    PUBLIC IMAGE LTD - PUBLIC IMAGE
    PUBLIC IMAGEPUBLIC IMAGE LTD
    AlbumBof / BasquiatLabelISLAND
  • 19h16
    Jose Feliciano - Satisfaction
    SatisfactionJose Feliciano
    AlbumFolky & Funky
  • 19h15
    BOBBY VALENTIN - SONG FOR MY FATHER
    SONG FOR MY FATHERBOBBY VALENTIN
    AlbumEL RITMO LATINO/18 CLASSIC LATIN GROOVESLabelMUSIC/CL
  • 19h08
    Anthony Joseph - Jimmy upon that bridge
    Jimmy upon that bridgeAnthony Joseph
    AlbumCaribbean rootsLabelSTRUT/HEAVENLY SWEETNESS
  • 19h03
    JIMI HENDRIX - VOODOO CHILD
    VOODOO CHILDJIMI HENDRIX
    AlbumTHE ULTIMATE EXPERIENCE (BEST OF 1992)LabelPOLYDOR
  • 19h00
    THE OFFS - YOU FASCINATE ME
    YOU FASCINATE METHE OFFS
    AlbumMax's Kansas CityLabelJUNGLE