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Les Marches de Selma, C'est Magnifip !

Publié le
Replay émission du 15 mars 20162:07:26
"Selma,1965: Bruce Davidson and the Photography of Civil Rights" at University of San Diego.
"Selma,1965: Bruce Davidson and the Photography of Civil Rights" at University of San Diego.

Le 15 mars à 20h C’est Magnifip ! se consacre aux MARCHES DE SELMA de mars 1965 qui ont marqué la lutte des droits civiques aux Etats-Unis.

Mardi 15 mars, de 20h à 22h, C'est Magnifip ! fait un focus sur les trois célèbres marches de protestation dans l’état d’Alabama pour l’égalité des droits des citoyens américains noirs. De "Selma march" à* * "Miss Celies Blues" en passant par "Alabama blues" ou encore "Blowing in the wind", la programmation musicale de Milena Rousseau soufflera un vent de révolte.
Une émission présentée par Frédérique Labussière et réalisée par Olivia Ruda.

Aux Etats-Unis, l’esclavage est aboli en 1865. En 1870, les noirs ont légalement le droit de vote. Mais les lois Jim Crow imposant une séparation entre noirs et blancs dans les tous les lieux publics, rendaient quasi impossible l’accès au vote pour les noirs. Ces lois portaient le nom d’un héros d’une chanson Jump Jim Crow, datant de 1828 et mettant en musique les tribulations d’un Noir du Sud.

Le 2 juillet 1964 le Président Lyndon Johnson signe le Civil Rights Act , la loi sur les droits civiques (initialement proposée par le président John Fitzgerald Kennedy) mettant fin à près d’un siècle de ségrégation raciale et à la discrimination envers les femmes et les minorités ethniques et religieuses.
Sur le papier, la loi bannit la ségrégation raciale dans la majorité des lieux publics, interdit la discrimination dans l'embauche et empêche l'application inéquitable de critères pour le droit vote. Mais dans le sud profond, les autorités faisaient encore régner un quasi apartheid et le Ku Klux Klan entretenait un climat de terreur. Une vague de violences racistes balaie le Sud, après que la loi soit promulguée.
La Civil Rights Act n'aurait pas vu le jour sans les luttes acharnées menées par les organisations noires et le pasteur Martin Luther King Jr., qui prononçait un an plus tôt le célèbre discours « I Have a Dream » :

Les trois marches de Selma sont un moment crucial dans la lutte pour les droits civiques.
Nous sommes en 1965, Martin Luther King (prix Nobel de la paix en 1964) déçu du peu de réaction du président Johnson concernant le vote des Afro-Américains dans le sud du pays et de l’inaction des politiciens, se rend à Selma, où la ségrégation est très violente. Il veut organiser des manifestations d’envergure. La ville devient le siège de la révolte.
"Bloody Sunday ", l a première marche est lancée le 7 mars 1965. 600 manifestants partent pour la capitale de l'Alabama, Montgomery. Stoppés par la police de l'Etat qui les charge à cheval avec matraques et gaz lacrymogènes, ils ne dépassent pas le pont Edmund Pettus de Selma.

La deuxième marche est conduite par Martin Luther King le 9 mars. 2000 personnes se recueillent sur le pont de Selma. Un pasteur blanc qui soutenait la lutte, est battu à mort quelques heures après.

Photo de Peter Pettus
Photo de Peter Pettus ©Radio France

Le 21 mars, la troisième marche atteint enfin le siège du gouvernement local avec plus de 2000 marcheurs menés par Martin Luther King. De très nombreux manifestants noirs et blancs les accueillent le 25 mars à Montgomery. Ils veulent être reçus par le gouverneur George Wallace qui refuse.
Le 6 août 1965, le Président signait le "Voting Right Act", qui mettait un terme à la ségrégation raciale en matière électorale.

50 ans après les marches de Selma, Ava DaVernay, première réalisatrice noire nommée aux Oscars, sortait en 2015 son film axé sur les quelques mois entourant la marche de Selma, en Alabama, en 1965.

C'est Magnifip ! vous ballade sur le terrain des droits de l'homme et de la femme avec notamment Blowing in the wind, l’hymne de toute une génération écrit par Bob Dylan en 1962 sur un coin de table alors qu’il n’a que 21 ans. Elle est reprise par les manifestants de la Marche sur Washington le 28 août de la même année :

ou encore I have a dream de Florian Pelissier, Say it loud i'm black and i'm proud chanté par James Brown, Am i black enough for you par Billy Paul, Why can't we live together , le tube de Timmy Thomas en 1973,
Cotton fields par Harry Belafonte, Nashville woman's blues de Bessie Smith, Lilly's theme chanté par Nick Cave, faithful par Ibeyi, So good today par Ben Westbeech, ou encore Mississippi Goddam avec Nina Simone :