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La chaussure, C'est Magnifip !

Publié le
Replay émission du 11 octobre 20161:59:47
 © Modèle d'André Perugia au Musée International de la chaussure de Romans
© Modèle d'André Perugia au Musée International de la chaussure de Romans

Mardi 11 octobre, en un tour de main, C’est Magnifip ! se met à vos pieds.

FIP a toujours transporté ses auditeurs ailleurs… en connexion directe avec leurs émotions, leurs souvenirs et leurs désirs. Créatrice d’évasion, FIP explore un nouvel itinéraire et donne rendez-vous aux auditeurs pour une échappée musicale avec chaque semaine un thème une destination différente. Une émission animée par Emilie Blon Metzinger et réalisée par Massimo Bellini.

Intemporelle et universelle, tantôt utile, tantôt artistique, la chaussure a toujours déclenché les passions. Révélant les codes et les symboles, elle dit tout de nous. Mardi 11 octobre de 20h à 22h, C’est Magnifip ! fait briller la chaussure sur toutes ses coutures. Depuis la nuit des temps, le soulier reflète l’évolution des mœurs et des modes. Chacune, chacun fait des pieds et des mains pour trouver chaussure à son pied, voire plus si affinités...

Sandales de pharaons aux lanières d’or, sandales romaines, chaussures à poulaine, à patins, pigaces à bouts larges pour cacher les cors, estivaux pour les hommes et bottes à cresperons pour les femmes, bottes de mousquetaires, chaussures en bois pour sables brûlants, mocassins indiens, babouches, ou encore les impensables chaussures de lotus en soie brodées pour pieds mutilées des femmes chinoises, parcourons ensemble les chemins en lacets jusqu’aux escarpins, stilettos et autres basquettes de nos pieds contemporains.

Durant l’Antiquité, la chaussure la plus courante est la crépide, une sandale unisexe en cuir de vache tressé avec des lanières qui s’enroulent autour de la jambe. Elle est portée dans l’Empire romain et en Grèce aussi bien pour les cérémonies que dans la vie quotidienne.
Pour les passionnés d’histoire de la chaussure, il faut absolument vous rendre au Musée international de la chaussure de Romans-sur-Isère, ancien couvent de la Visitation, qui expose l’objet culte sous l'angle technique, ethnographique et artistique. vous y verrez notamment, des sandales en papyrus provenant de l’Egypte Nouvel Empire ou encore les créations audacieuses de bottiers célèbres d'hier et d'aujourd'hui.

Outre sa fonction de protection, la chaussure permet de se distinguer. Comme le vêtement, elle affiche le statut social. Il fut un temps où les hommes libres et les bourgeois portaient des sandales alors que les esclaves ou les vagabonds étaient des "va-nu-pieds". Plus tard, les hommes portaient des chaussures à bouts pointus et plus leur rang social était élevé, plus la pointe était longue. Le grand Roi Soleil et petit Louis XIV lorsqu'il était debout, eût aussi recours à des chaussures à talons ( jusqu’à 12 cm) afin d’asseoir son autorité. A la cour, on eût vite fait d’imiter Sa Majesté qui adorait les talons de cuir rouge. En bref, de tout temps, les us et coutumes ornent de rosettes de rubans, dentelles, pompons, pierres précieuses, les pieds nobles alors que les pauvres et les paysans portent des heuses de toile ou de modestes sabots.

Au 15ème siècle, les chopines firent leur apparition. Ces sandales ou pantoufles à plateformes étaient à la mode à Venise dans la haute société, histoire de ne pas laisser traîner dans la boue, les robes des courtisanes. Le bras d’un galant ou d’un serviteur voire deux, était nécessaire à la locomotion de ces dames. Peu de temps après, on abaissera le devant pour créer le talon haut. Quant à Catherine de Médicis, c’est elle qui lança la mode de la chopine à la Cour de France, à l’occasion de son mariage avec le Duc d’Orléans.

Aujourd’hui la chaussure reflète nos goûts, notre mode de vie, mais nul besoin de vivre sur un grand pied pour s’offrir une nouvelle paire de souliers et aller voir comment le monde marche, ailleurs. "It's time to moove. I got a new shoes. Watch me walk away " chante ainsi Sharon Jones and The Dap-Kings :

Impossible de parler chaussure sans évoquer le cultissime talon aiguille. Objet de désir et de charme, décliné sur tous les tons, il est aussi synonyme d’inconfort. Alors, merveille de féminité ou servitude volontaire ?!. FIP qui n’a jamais les pieds dans le même sabot, vous emmène en balade de La marche à pied d’Henri Salvador à Jesus Walking on the Water du groupe Violent Femmes en passant par La marche arrière de Nougaro. Et pour les fleurs bleues qui marchent à côté de leurs pompes, venez rêver au Prince charmant sur ce Départ pour le bal de Cendrillon :

Pour clore cette promenade en mots et en musique, C’est Magnifip ! vous fera pénétrer dans l’intimité de notre pied que l’on met volontiers à nu pour s’abandonner à la volupté. Le pied, non ?