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L' Horizon, C'est Magnifip !

Publié le
Replay émission du 30 août 20162:02:24
 © Catherine Carette
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Le 30 août à 20h, C’est Magnifip ! fait sa rentrée. Et quoi de mieux que de scruter une ligne d’horizon imaginaire afin d’embellir le quotidien et en dissiper les quelques brumes.

FIP a toujours transporté ses auditeurs ailleurs… en connexion directe avec leurs émotions, leurs souvenirs et leurs désirs. Créatrice d’évasion, FIP explore un nouvel itinéraire et donne rendez-vous aux auditeurs pour une échappée musicale avec chaque semaine un thème une destination différente. Une émission animée par Emilie Blon Metzinger et réalisée par Massimo Bellini.

De L’horizon de Suzanne Vega à celui de Dominique A, en passant par les Look horizon de John Cale, News horizons de Sinne Eeg, ou la « Linha do horizonte « du groupe Azymuth, ou encore le Belo Horizonte du guitariste John McLaughlin, mardi 30 août de 20h à 22h, la programmation de Patrick Derlon tente quelques reflets de nos états d’âme.

Il est une ligne circulaire, un point limite de perception visuelle pour l’observateur que nous sommes, où la terre et le ciel semblent s’accoler, ou le ciel et la mer se rejoignent. C’est alors que l’on discerne l’horizon.

« C’était une de ces journées des tropiques où les bleus semblent vouloir montrer qu’ils sont assez nombreux pour se partager l' univers : bleu-blanc du ciel, bleu-vert de l' horizon, bleu-violet de la mer et bleu-gris de l' écume ». Rouge Brésil (2001) - Jean-Christophe Rufin

D’après la philosophe et historienne de l’art Céline Flécheux, c’est au 19ème siècle que l’horizon, représenté jusqu’alors dans les lointains, « prend une place centrale de la peinture, remontant du fond du tableau jusqu’au premier plan ». Friedrich, Turner, Delacroix, Courbet, Cézanne et les premiers peintres de l’abstraction comme Mondrian… s’amourachent de cet horizon captivant et le déclinent de mille façons.

La plage de Calais de Joseph Mallord William Turner
La plage de Calais de Joseph Mallord William Turner ©Radio France

S'il inspire tant c'est parce qu'il est le miroir dans lequel nous imaginons nos vies. Tantôt constat, tantôt attente, l'horizon est source de sens. D'après Céline Flécheux, "Il signifie à la fois la sécurité du territoire et l’élan de la transgression ".

En 2005, à la suite d’un voyage au Groenland, Dominique A écrit son septième album L'Horizon, une sorte de lâcher de ballon dans lequel il est en prise directe avec ses émotions et ses sentiments. On écoute le titre L’Horizon, une étrange histoire de baleinier : « Il est temps de sortir du sommeil des reines, car nul ne vous attend autant que l'horizon » :

L'horizon c'est notre futur.

Et ce futur dépend sans doute de l’ampleur de notre regard.

« Additionnons les lendemains pour nous composer un passé et nous aurons une mémoire commune, un horizon nouveau ». Le Second souffle (2001) - Philippe Pozzo di Borgo

L’horizon est aussi la promesse d’un ailleurs inaccessible. Mais parfois il vient à manquer. Il se ferme. Il faut alors lutter pour l’imaginer.Au plus profond de la solitude, privé de liberté, Bertrand Cantat "cherche son horizon entre les cloisons". " Cherche ton horizon, traverse les cloisons ".

L'Horizon est porteur d'espoir :

Pas d’issue sans une pensée nouvelle qui ouvre la route, sans des ciels sans fin.

« Lorsque chaque chose est pleinement vécue jusqu' au bout, il n' y a pas de mort ni de regrets, pas plus qu' il n' y a de faux printemps ; chaque moment vécu fait s' ouvrir un horizon plus vaste et plus large, dont la seule issue est la vie ». Printemps noir (1936)

Henry Miller

Il est aussi une promesse d'amour, à perdre la raison, à n'en savoir que dire ... à n' avoir que toi d' horizon.

Un espoir de rencontre "devant une phrase inutile qui briserait l'instant fragile ".

L'horizon fascine car il est infini. Plus on s'en rapproche et plus il s'éloigne. Libre à nous d’inventer le geste pour le créer.

« Il y a une certaine saveur de liberté, de simplicité... une certaine fascination de l' horizon sans limites, du trajet sans détour, des nuits sans toit, de la vie sans superflu ». Méharées, exploration au vrai Sahara (1937) - Théodore Monod