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Hair : C'est Magnifip !

Publié le
Replay émission du 26 avril 20162:01:31
Hair - Affiche
Hair - Affiche

En 1967, "Hair" chamboule le monde des comédies musicales à Broadway en illustrant la culture hippie et la révolution sexuelle. Le 26 avril, C'est Magnifip ! vous plonge au cœur de la révolution des cheveux.

Des chansons de Hair à La fille au cheveu de lin du duo Mieko Miyazaki et Guo Gan, en passant par les cheveux rebelles de Maxime Leforestier, The color of her hair de Bud Shank, y'a qu'un cheveu de Polnareff ou encore Black is the color of my true love de Nina Simone, mardi 26 avril de 20h à 22h, C'est Magnifip ! vous entraine dans l'univers échevelé de la jeunesse ébouriffée des années 60 à 70. Une émission animée par Frédérique Labussière et réalisée par Massimo Bellini, sur une programmation musicale de Patrick Derlon.

En piste pour Hair, la comédie musicale rock qui fit fureur à la fin des années 60. Mais tout d’abord, remontons quelques années en arrière pour mieux saisir le contexte. Au début des années 1950, le mouvement culturel et littéraire de la Beat generation, initié par Jack Kerouac,William Burroughs et Allen Ginsberg, rejette la société de consommation et les normes traditionnelles de l’Amérique d’après-guerre. Dans les années 60, une partie de la jeunesse américaine s’oppose à la guerre du Vietnam. Les hippies prônent la liberté individuelle et l’amour roi. Le mouvement culmine à San Francisco en 1967 avec le rassemblement du Flower-Power et en 69 au concert de Woodstock.

Le projet Hair est conçu par les acteurs James Rado et Gerome Ragni, qui veulent porter en scène les revendications de la jeunesse.

James Rado est comédien, écrivain et compositeur. En 1964, il joue dans la pièce Hang Down Your Head and Die dans laquelle il rencontre Gerome Ragni. Ensemble ils commencent à écrire la comedie musicale « Hair ». Pour rompre avec les codes du genre, il invente un nouveau «concept-musical » dont la priorité n'est plus la narration et confie la mise en musique au compositeur et painiste canadien Galt MacDermot.

Drogue, sexe, combat anti-racial, mysticisme, contestation de la guerre au Viêt-Nam et pacifisme sont au premier plan de Hair. La première représentation a lieu le 17 octobre 1967 au Public Theater. Un certain public est surpris par les scènes de nudité et choqué par le propos, mais malgré quelques tentatives de censure, le bouche à oreille se fait magnifiquement bien et au bout de 6 semaines d’exploitation, le succès est tel que Hair va se jouer à Broadway durant quatre ans.

Certaines chansons devenant des tubes joués en radios, l’onde de choc se propage. Aquarius , Let the Sun Shine In ou encore Manchester, England sont devenues des hymnes des mouvements pacifistes. Des adaptations voient le jour, d’abord à Londres où la comédie musicale se jouera 1997 fois ! :

Le mouvement contestataire irradie l’Europe entière. Dans le bouillonnement des évènements de mai 68, le producteur Bertrand Castelli exporte le show à Paris. La version française créée en 1969, est adaptée par Jacques Lanzmann, Serge Gainsbourg ayant refusé le travail à cause de « l’esprit grossièrement libertaire » de l’œuvre, qu’il appréciait peu. La première se joue le 30 mai au Théâtre de la Porte St Martin. Julien Clerc, joue le rôle de Claude et Hervé Watine celui de Berger.

En 1979 Miloš Forman, qui avait alors fui la Tchécoslovaquie appartenant au bloc soviétique, sait ce que signifie la contrainte au nom de l'ordre. Il adapte Hair au cinéma avec John Savage, Treat Williams, Beverly D'Angelo. Hair raconte l'histoire d'un fermier de l'Oklahoma qui quitte son ranch pour s'engager dans l'armée qui est en guerre au Viêtnam. Avant de partir, il visite New York où il rencontre une communauté de hippies qui lui font entrevoir d'autres horizons.