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Alain Bashung, C'est Magnifip !

Publié le
Replay émission du 7 mars 20172:02:37
Les Vieilles Charrues le 23 juin 2004 - Photo de David LEFRANC
Les Vieilles Charrues le 23 juin 2004 - Photo de David LEFRANC

Il y a tout juste 8 ans, notre "bijou bijou" du rock français nous laissait orphelins. FIP lui rend hommage.

FIP explore un nouvel itinéraire et donne rendez-vous chaque mardi à 20h aux auditeurs pour une nouvelle échappée musicale. Une émission animée par Emilie Blon-Metzinger et réalisée par massimo Bellini.

Mardi 7 mars de 20h à 22h, C'est Magnifip ! parcoure l'oeuvre de l'artiste le plus primé des Victoires de la musique. La programmation musicale de FIP éclaire l'esprit de l'immense chanteur, poète solitaire, fragile, violent, pudique et cérébral Alain Bashung et sa planète des ombres.

"Je me vois comme une espèce de personnage, à la fois pathétique et très crédible ... et j'aime bien ça." Alain Bashung

Né le 1er décembre 1947 à Paris, le compositeur-interprète et comédien d’origines algériennes et bretonnes a grandi en Alsace, loin de sa mère ouvrière chez Renault et de son beau-père, chez les parents de ce dernier. Bercé par une éducation austère cultivant la résignation, il apprend à jouer de l’harmonica et chante à l’église en tant qu’enfant de chœur à Winsgersheim. Il retrouve Paris en 1959 où il découvre les chansons d’Edith Piaf, Georges Brassens, Serge Gainsbourg …. Mais à la radio, ce sont les pionniers du rock américains comme Gene Vincent, Elvis Presley, Eddie Cochran et Buddy Holly qui l’attirent. Passionné par le rock et le blues, il sort des 45 tours passés inaperçus, collabore avec d’autres artistes, travaille comme arrangeur chez RCA. La route vers la reconnaissance est longue mais la musique est entrée au plus profond de son épiderme et ne le quitte plus. Avec elle il refuse la routine et fait le choix de l’aventure. En 68, alors qu’il vit chez le chanteur Christophe, il enregistre chez ce dernier, le single Les Romantiques.

Après 11 ans de galère, il rencontre le parolier Boris Bergman et le réalisateur Andy Scott. En 1977 il sort Roman-Photos, "un disque qui aurait dû rester dans les tiroirs", dixit Bashung. Puis il va enfin gagner, à la Roulette russe (1979) avec notamment Je fume pour oublier que tu bois, Toujours la ligne blanche, Elsass Blues et le titre Gaby oh Gaby qui connaitra un immense succès à l'occasion de son deuxième pressage en 45 tours :

L'album Pizza (1981) et le titre Vertige de l’amour le portent jusqu'à la scène de l’Olympia. Avec son groupe KGDD il joue aussi quelques reprises de ses idoles Gene Vincent, Phil Spector, The Righteous Brothers.
Après l’aventure du film Le cimetière des voitures de Fernando Arrabal, Bashung réalise un de ses rêves : Serge Gainsbourg signe la plupart des textes de son 4ème album studio Play Blessure s (1982).

« Serge compte évidemment beaucoup pour moi / En faisant les fous ensemble, j'ai eu un peu l'impression de réaliser des délires que je n'avais pas pu faire avec mon père ». Bashung

La collaboration magistrale accouche d'un joyau devenu culte, arborant une pochette signée Jean-Baptiste Mondino. Bien que boudé par la majorité de la presse et le grand public à cause de la noirceur des textes et de la froideur des arrangements, l'album expérimental va marqué le personnage qui entre dans une nouvelle dimension.

Dorénavant Bashung navigue entre succès commerciaux at audaces musicales. Osez Joséphine, Madame Rêve (1991), Ma petite entreprise (1994, Chatterton), La nuit je mens (1998, Fantaisie militaire ), Faites monter ( 2002, L'Imprudence ), Résidents de la République (2008, Bleu Pétrole ) et tant d'autres magnifiques chansons jonchent le parcours atypique de l'artiste énigmatique et imprudent qui avait comme crédo de ne jamais se répéter. Son dernier concert à l'Olympia reste épinglé au ciel.

Mardi 7 mars, FIP rêve d'Alain Bashung, en apesanteur, des heures et des heures ...