Sur les traces de Jean Michel Basquiat, C'est Magnifip !
Basquiat in 1983 in St. Moritz, Switzerland. Photo de Lee Jaffe/Getty

FIP vous embarque dans l'univers atypique de l'autodidacte, pionnier de l'art contemporain.

Fip explore un nouvel itinéraire et donne rendez-vous chaque mardi à 20h aux auditeurs pour une nouvelle échappée musicale. Une émission animée par Frédérique Labussière et réalisée par Massimo Bellini. La programmation musicale est signée Christian Charles. 

Mardi 31 octobre de 20h à 22h, FIP vous balade parmi les collages, les signes, les mots qui s'entrechoquent de Jean-Michel Basquiat, dans son univers emprunt d'anatomie, de vaudou, de catholique, de graff, de tag, de boxe et aussi de bebop, hip-hop, noise rock, musiques latino et afro-américaines... tout un monde riche des influences de Dubuffet, Léonard de Vinci, Twombly, Andy Warhol :

Basquiat, Warhol, Braithwaite (Fab Five Freddy). Photo de Patrick McMullan/Getty

Basquiat, Warhol, Braithwaite (Fab Five Freddy). Photo de Patrick McMullan/Getty

Né dans une famille de la moyenne bourgeoise, d'une mère portoricaine et d'un père haïtien en 1960, Jean-Michel Basquiat démontre dès son plus jeune âge un intérêt très prononcé pour le dessin, poussé par sa mère qui l'amène visiter les musées new yorkais. Il lit beaucoup. Adolescent, le fils d'immigrés cultivé abandonne l'école. Après avoir quitté sa famille à Brooklyn il débarque à Manhattan afin de se retrouver dans le besoin et de chercher sa propre voix. Avec son ami Diaz, il bombe les murs des bas-fonds, de Soho et East Village, de graffitis poétiques, mystérieux ou drôles qu'il signe du nom de SAMO, Same Old Shit (« même vieille merde »). Son travail évolue ensuite vers la peinture avec laquelle il teste superpositions et transparences. Il fréquente les lieux branchés de New York avec ses copines comme Madonna, pas encore connue alors. Il passe des murs de la ville aux cimaises des galeries, aux fenêtres, portes, réfrigérateurs .... 

Il se fait remarquer en participant à l' exposition collective New York/New Wave organisée en 1981 par le PS1 (un satellite du MoMA), en compagnie notamment du graffeur Keith Haring et du photographe Robert Mapplethorpe. Sa rencontre avec le roi du pop art est déterminante. Une fascination mutuelle les fait travailler ensemble sur plus d'une centaine d'oeuvres. 

Rappelons qu'au tournant des années 1980, le racisme et l'injustice sont un souci majeur aux Etats-Unis. Le milieu de l’art n'échappait pas à la règle. Avec son art, insidieusement qualifié de néo-primitif, Basquiat développe des sujets autobiographiques et politiques qui interrogent la vie des noirs dans ce monde de Blancs. A cette période la ville de New York connaît une révolution culturelle. Les artistes débarquent de toute l'Amérique. Ils sont souvent tout à la fois écrivains, poètes, musiciens, peintres, photographes, sculpteurs, cinéastes ...   
A 20 ans, Jean-Michel Basquiat est lui-même le héros du film de Edo Nertoglio Downtown 81 dans lequel il joue son propre rôle de peintre, musicien et poète. 

La musique fait partie intégrante de la vie de Basquiat. En 1979, avec Michael Holman, Shannon Dawson et Vincent Gallo, il fondait le groupe Bad Fools qui deviendra Channel 9 puis Test Pattern avant de prendre le nom de Gray lorsque Dawson quitte le groupe et que Nick Taylor et Wayne Clifford l'intègrent. Très inspirés par le compositeur John Cage, leur approche de la musique est très expérimentale. 

Basquiat écoutait beaucoup de musique. Du hip-hop, du classique, du jazz, ce dernier étant un de ses sujets d'inspiration. Il aime Miles Davis, Dizzy Gillespie et vénère particulièrement Charlie Parker qu'il a souvent représenté. Dans le documentaire The Radiant Child, Tamra Davis ( amie du peintre) a souhaité que la B.O soit proche de la musique de Charlie Parker qui obsédait l'artiste. On voit un extrait d’interview filmé de Basquiat. Le journaliste lui parle du caractère primitif de ses toiles. Il répond : « primitif, vous voulez dire comme des primates? »

Le succès l'isole, il s'enferme dans la drogue. Le décès de son ami Andy Warhol en 1987 le plonge dans le désarroi. Il meurt d'une overdose d'héroïne à l'âge de 27 ans. Près de 30 ans après sa mort le 12 août 1988 à l'âge de 28 ans, l'icône qui a débarqué dans le monde de l'art sans formation, est plus célébrée dans la rue qu'au musée. Sur les 2.000 oeuvres qu'il a pu créer tout au long de sa courte vie, seule une petite vingtaine est exposée à travers tous les grands musées de New-York. Son ami l'artiste Michael Holman estime qu'il y a " une certaine dose de racisme" dans ce peu d'intérêt. " C'est une honte que les musées de New York n'aient pas davantage de Basquiat ". Il faut dire que leur côte rend la mission quasi impossible pour les institutions. Ce sont les collectionneurs privés qui détiennent presque la totalité de ses oeuvres, tels Leonardo DiCaprio, Johnny Depp, Jay Z ou encore Bono. Ses travaux s'arrachent à prix d'or, exemple son «Waterworshipper» chez Gagosian. Il est devenu le peintre le plus cher de l'histoire de la peinture contemporaine en mai dernier dans la grande maison de vente new-yorkaise Sotheby’s qui domine le marché de l’art contemporain international. Sa toile Untitled (1982) s'est vendue aux enchères au prix de 110,5 millions de dollars à l'homme d'affaire, mécène et collectionneur japonais Yusaku Maezawa. Mais quel drôle de monde !

Aujourd'hui, il n'y a plus aucune trace des graffitis signés SAMO de l'enfant de Brooklin. Néanmoins ses fans se rendent sur sa tombe, au cimetière de Green-Wood (New York) et achètent les T-shirts, sacs, baskets reprenant ses oeuvres. 

Les enfants l'adorent, parce que son art et le leur sont similaires. Il leur donne la permission d'être eux-mêmes. Beaucoup de jeunes ont adopté son style, sa coupe de cheveux. Michael Holman

untilted Jean-Michel Basquiat, 1982

décédé à l’âge de 27
ans le 12 août 1988

Programmation musicale

20h00

You Fascinate Me

Par : The Offs

20h03

Voodoo Child

Par : Jimi Hendrix

20h08

Jimmy Upon That Bridge

Par : Anthony Joseph

Album : 

CARIBBEAN ROOTS (2016)

20h15

Song For My Father

Par : Bobby Valentin

20h16

Satisfaction

Par : Jose Feliciano

Album : 

FOLKY AND FUNKY (1970)

20h19

Public Image

Par : Public Image Ltd

20h22

Mudd Club

Par : Frank Zappa

20h24

Falling In Love Again

Par : Klaus Nomi

20h27

Now S The Time

Par : Charlie Parker

Album : 

LE JAZZ DE CABU (1953)

20h28

It S A Trip

Par : The Last Poets

20h33

Planet Rock

Par : Afrika Bambaataa

Album : 

BRULE : THE BRONX MIXTAPE (1973 1979) (1982)

20h38

The Breaks (part 1)

Par : Kurtis Blow

Album : 

SAY IT LOUD ! A CELEBRATION OF BLACK MUSIC IN AMERICA (1979)

20h42

Double Dares

Par : Basquiat Strings, Seb Rochford

20h43

Mesopotamia

Par : The B 52 S

20h47

This Must Be The Place (naive Melody

Par : Talking Heads

Album : 

SPEAKING IN TONGUES (1983)

20h52

Rapture

Par : Deborah Harry, Blondie

21h12

The World Listening

Par : Akua Naru

21h16

Roc Boys (and The Winner Is)...

Par : Jay-z

Album : 

(2007)

21h20

African Reggae

Par : Nina Hagen

Album : 

LES TUBES 80 INTROUVABLES VOLUME 2 (1979)

21h24

Drum Mode

Par : Gray, Jean Michel Basquiat

21h25

Kozmic Blues

Par : Janis Joplin

21h29

The Return Of Jackie And Judy

Par : The Ramones

21h33

Give Me No Roses

Par : Can

21h38

I Wrote This Song For The Girl Paris

Par : Vincent Gallo

Album : 

WHEN (2001)

21h40

Ghetto Walkin (feat. Bilal)

Par : Miles Davis And Robert Glasper, Robert Glasper, Miles Davis, Bilal

Album : 

EVERYTHING S BEAUTIFUL (2016)

21h43

Postman

Par : Melissa Laveaux

Album : 

DYING IS WILD NIGHT (2013)

21h46

Set It Off

Par : Strafe

Album : 

MUSIC FROM PORCELAIN (1984)

21h50

Everybody

Par : Madonna

Album : 

THE FIRST ALBUM (1982)

21h54

Bato Charge

Par : Aquarius Heaven

Album : 

BATO CHARGE (2017)

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