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Thievery Corporation offre une symphonie à son trésor "Lebanese Blonde"

Publié lepar Ghislain Chantepie
Eric Hilton + Rob Garza = Thievery Corporation | Photo : Jen Maler
Eric Hilton + Rob Garza = Thievery Corporation | Photo : Jen Maler

Le duo trip-hop américain revisite ses classiques dans un nouvel album enregistré avec le FILMharmonic Orchestra de Prague.

C’était il y a presque 25 ans. Deux producteurs de Washington surgissaient en pleine vague chill-out avec un album d’electronica inclassable, un amalgame d’acid-jazz, de bossa et de trip-hop où la voix de Bebel Gilberto témoignait d’un tropisme marqué pour la musique brésilienne. Si les ingrédients de Sounds from the Thievery Hi-Fi n’avaient déjà plus rien de révolutionnaire en 1996, le flair et le mixage millimétré de Rob Garza et Eric Hilton donnaient pourtant au premier disque de leur nouveau duo Thievery Corporation un parfum d’excellence. 

Avec sa suite The Mirror Conspiracy publiée en 2000, les deux Américains s'imposaient au tournant du siècle comme les figures d’un trip-hop relax et composite, témoins d’une époque où les étiquettes musicales s’effondraient et survolant de haut l’essor d’une lounge-music qui baignait dans l'easy-listening. Niché au sein de ce best-seller, le joyau Lebanese Blonde avait pourtant conquis les clubs et les platines depuis quelques temps déjà avec sa sortie sous forme de single dès 1998 sur l'emblématique label 4AD.

Aisément identifiable à son intro sous forme de sitar aguicheur, cette love-song stratosphérique et au titre psychotrope doit son succès à un cocktail de percussions feutrées, de cuivres bien placés et d’arrangements électroniques finement dosés. Surtout, sa mélodie entêtante est menée tout du long sur la version originale par la voix ensorcelante de l’attachante Pam Bricker, une chanteuse jazz de DC qui a longtemps travaillé avec les deux producteurs avant, hélas, de mettre fin à ses jours en 2005. 

C’est donc avec ce symbole de leur âge d’or musical que Garza et Hilton annoncent pour le mois d’avril Symphonik, une relecture du même nom d’une dizaine de leurs classiques. Enregistré avec le FILMharmonic Orchestra de Prague, cet album est en réalité la suite discographique d’une performance live gravée il y a deux ans avec ce même ensemble à Washington. On y trouvera d’autres bijoux du groupe en version orchestrale et initialement chantés par Pam Bricker tels The Passing Stars, ou encore l’irrésistible Until The Morning susurré par l’Islandaise Emilíana Torrini en 2002 sur The Richest Man In Babylon. Un hommage en beauté à ce qui est, déjà, une autre époque.