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Mixes, streams, cyber live : les bonnes options pour clubber dans son salon

Publié lepar Ghislain Chantepie
Laurent Garnier en 2013 au Electric Zoo Festival à New York (Brian Killian/WireImage)
Laurent Garnier en 2013 au Electric Zoo Festival à New York (Brian Killian/WireImage) ©Getty

Depuis quelques jours, les DJs, lieux et collectifs électroniques rivalisent de bonnes idées pour offrir des solutions au dancefloor fait maison.

C’était il y a une semaine, c’était il y a un siècle. La fermeture au public de tous les lieux et commerces non-indispensables provoquait en France une onde de choc salutaire pour contenir l’extension de l’épidémie de Covid-19. Elle sonnait également la suspension soudaine, et le temps qu’il le faudra, d'une vie nocturne de clubs, festivals et autres lieux de nuits hantés par les amateurs de rythmes électroniques. Pour tous ceux-là, des solutions ont immédiatement fleuri en ligne à l’initiative de DJs, de salles ou encore de collectifs qui n’entendent pas laisser le silence se propager. Tour d’horizon de quelques bonnes options qui permettent, encore, de danser dans son salon :

Figure tutélaire de la techno française, Laurent Garnier est l’un des premiers artistes à avoir réagi aux annonces de confinement samedi dernier. Ce stakhanoviste du mix réputé pour ses sets "all night long" depuis des décennies a voulu entretenir la flamme du samedi soir en publiant un mix de choix de près de 7 heures enregistré à Tokyo en novembre dernier. Un set marathon où se croisent John Coltrane et Burning Spear, Anne Clark et Marco Bailey, et même… quelques productions de LG himself. Autre vétéran de la scène tricolore, l’inoxydable Manu le Malin a pris le relais quelques jours plus tard en mettant en ligne, là encore, une sélection inédite de 7 heures mêlant techno indus et ovnis hardcore enregistrée à Utrecht en février dernier.

À Berlin aussi, la nuit s’est enrayée. Depuis le 13 mars dernier, la capitale de l’internationale techno a fermé les portes des dizaines de clubs qui font sa renommée dans le monde entier. Berghain, Watergate, Tresor, et tant d’autres… Ces lieux emblématiques emploient à l’année près de 9000 personnes et sont, pour certains, fameux pour leur ouverture 24/24 des jours durant. Désormais au chômage technique et conscients du caractère exceptionnel de la situation, les acteurs de la nuit berlinoise ont donc uni leurs forces pour monter dans l’urgence une plateforme de streaming vidéo sous la bannière United We Stream. Un rendez-vous quotidien offrant à vivre et à voir chaque soir à 19h un mix réalisé en live par un DJ depuis un club différent. Une initiative qui a vu ou verra passer derrière les platines les figures Ellen Alien, Monika Kruse ou encore la Française Irène Dresel, et qui n’a pas échappé à la plateforme franco-allemande Arte Concert, désormais partenaire de l’opération.

Touchés depuis plusieurs mois par la pandémie, des collectifs chinois ont été les premiers à mettre en place dès l'an dernier ce type de « cyber mix » improvisé depuis chez eux à l’aide de leurs DJs locaux. En France, les Lyonnais du Sucre ont tenté une opération similaire depuis leur club via la plateforme Twitch la semaine dernière, mais qui restera probablement sans lendemain du fait des nouvelles mesures de confinement nécessaires dans l’Hexagone. Pionnière du genre depuis sa création à Londres il y a 10 ans, la plateforme Boiler Room vient pour sa part de lancer une nouvelle série quotidienne baptisée Streaming From Isolation en faveur d'associations caritatives d'aide aux plus démunis. Les DJs s’y succèdent en mixant depuis chez eux leur sélection des heures durant, avec un beau premier épisode publié cette semaine où s’est illustrée la toujours impeccable The Black Madonna.