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Les synthés mutants de Laurent Bardainne et d’Étienne Jaumet

Publié lepar Ghislain Chantepie
Laurent Bardainne et Etienne Jaumet | Heavenly Sweetness
Laurent Bardainne et Etienne Jaumet | Heavenly Sweetness

Les deux saxophonistes unissent leurs collections de claviers dans un nouvel ep à quatre mains, un premier extrait chimérique en écoute.

Ce n’est pas comme s’ils manquaient de projets en ce moment, et pourtant... Pourtant, Laurent Bardainne et Etienne Jaumet ont trouvé ces derniers mois le temps de partager un studio pour donner naissance à l’un de ces side-projects précieux, de ceux qui sur les germes d’une modestie affichée font pousser une créativité aussi ludique que géniale. Quelle bonne idée, ainsi, de réunir dans une même pièce pour quelques sessions d’enregistrement ces deux ovnis qui ont chacun le psychédélisme chevillé au corps et le saxophone pour instrument fétiche. 

Tête pensante du trio Zombie Zombie dont il prépare la sortie d’un nouvel album, Étienne Jaumet mène ainsi une carrière prolifique depuis des années lorsqu’il ne joue pas, aussi, dans le dernier orchestre psychédélique de James Holden. Il y a trois ans de cela, il offrait encore avec son disque Huit Regards Obliques une relecture géniale et cinglée de grands standards à force de synthés et de TR-808. Avec son talentueux comparse Laurent Bardainne, qui partage sa vie musicale entre son félin jazz Tigre d’Eau Douce et le Supersonic de Thomas de Pourquery, c’est sur une sorte d’escapade dystopique que le tandem d’un jour commence à lever le voile aujourd’hui.

Sobrement baptisé Bardainne Jaumet, ce quatre-titres mêle ainsi les instincts mutants des deux musiciens qui, pour l’occasion, ont réuni leurs collections respectives de claviers, séquenceurs, et autres synthés modulaires. A la froideur des circuits intégrés et leurs nappes atmosphériques, le duo a opposé des inspirations lointaines puisant dans le jazz ou le mambo, jusqu’à y amalgamer le souffle du saxophone comme sur ce Sacre de La Lumière dévoilé aujourd’hui. Un premier extrait chimérique, ferraillant entre rythmiques tribales et marteaux industriels, et auquel des synthés aveuglants offrent une vue panoramique sur le crépuscule d’un monde perdu.

"Bardainne Jaumet" est attendu le 12 novembre prochain sur le label Heavenly Sweetness.