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Les rêves cyberpunk de Para One

Publié lepar Ghislain Chantepie
Para One | Lou Escobar
Para One | Lou Escobar

Le producteur électronique français dévoile un nouvel extrait atmosphérique de son ambitieuse trilogie SPECTRE.

Que sont les rêves, sinon d’authentiques dimensions parallèles ? De ces mondes éphémères auxquels chacun, un jour ou l’autre, se voit confronté, la littérature scientifique confesse aujourd’hui encore avoir bien des mystères à percer. Mais qu’ils soient le chemin de traverse d’un multivers quantique ou bien, comme le suggéra Christopher Nolan, une chute mentale dans un subconscient emboité, nos rêves tirent d’abord leur force d’inspiration d’une relation complexe à leur double implacable, ce qui est ou ce que l’on croit être l'intransigeante réalité.

Pour Jean-Baptiste de Laubier aka Para One, les songeries forment en tous cas aujourd’hui le miroir idéal d’un ambitieux projet dont son prochain album sera la première pièce. Huit ans après la sortie de son dernier long-format Passion, le producteur français aborde ainsi la quarantaine avec une aspiration nouvelle, celle de réintroduire de l’imaginaire et du fantasme dans une musique électronique dont il a contribué à écrire quelques jolies pages tricolores au début de ce siècle. Alors, cette fois-ci, l’ex-comparse de TTC a choisi de parcourir le monde à la recherche de sonorités bien réelles au lieu de chercher à les fabriquer lui-même comme il l'a toujours fait jusqu'à présent.

En lieu et place d’une stricte production électronique, son prochain disque baptisé Machines of Loving Grace mêle donc pour la première fois des textures nées de ses machines avec des prises acoustiques glanées aux quatre coins de la planète. Percussions indonésiennes captées dans la jungle de Bali, rencontre à Sofia avec les voix irréelles du Mystère des Voix Bulgares, ou encore pèlerinage sur l’île japonaise de Sado, le nouveau travail de Para One attendu à la fin du mois de mai est ainsi celui de nombreuses années passées à rechercher les musiques qui longtemps l’ont fait rêver. 

En témoigne d’ailleurs ce Shin Sekai publié dès le mois dernier en guise de prélude renversant, une myriade sonore cyberpunk qui fusionne dans le creuset d’un fracas futuriste avec un hommage en règle à la bande-son du chef d’œuvre animé Ghost In The Shell. Second extrait dévoilé aujourd’hui, le plus sage Alpes vise davantage les hauteurs avec ses nappes atmosphériques, un groove froid et aquatique qui emprunte aux lointaines basses du trip-hop autant qu’aux rayons phosphorescents des synthés de Kraftwerk. Le réveil n’est pas prêt de sonner.