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Exclu : le nouvel album d'Emel Mathlouthi en écoute

Publié lepar Guillaume Schnee
Emel Mathlouthi / Emma Snook (Partisan Records)
Emel Mathlouthi / Emma Snook (Partisan Records)

Avec "Everywhere We Looked Was Burning", la chanteuse tunisienne continue sa métamorphose et propulse sa poésie militante dans des atmosphères ambiant.

C'est avec un pur bonheur qu'on a pu poser le nouvel album d'Emel Mathlouthi sur notre platine. Outre sa voix exceptionnelle, la songwriter humaniste est libre, punk, en perpétuelle recherche d'expérimentations que ce soit en studio ou sur scène. L'ancienne voix de la révolution de Jasmin, s'était déjà lancée sur de nouvelles terres créatives avec l'album Ensen en déclamant son message politique dans un langage plus poétique et en prenant un virage électronique plus radical en phase avec sa révolte. De cet album aux couleurs trip hop, Emel Mathlouthi a conservé l'esprit de ce cocktail fantasmatique et expérimental de musiques arabes, de productions électro et de mélodies déchirantes. Pourtant sur Everywhere We Looked Was Burning, celle qui vit désormais à New York a choisi de chanter sa poésie en anglais et sur des atmosphères plus ambiant, recentrant sa musique sur sa voix et son message.

C'est dans une petite maison de la forêt de Woodstock, se laissant imprégner de l'atmosphère de cette nature rassurante et sauvage, que l'artiste s'est lancée dans un nouveau processus d’écriture, plus abouti et plus abstrait et libre. Sa voix règne sur des mélodies ambiant, mais la passion resurgit toujours chez cette artiste et ce sentiment de paix, de beauté se heurte au grondement fracassant de sons électroniques et indus déstructurés, illustrant l'agonie de nos sociétés et de notre planète.

Le monde a besoin d’être sauvé, n’est-ce pas ? Nous devons sauver nos sens parce qu’ils ont été perdus. Eux seuls peuvent nous empêcher de devenir complètement diaboliques. Ils permettent l’éveil à travers la poésie et l’art. Ils nous relient les uns aux autres et donnent un sens à notre chemin.

Alors que les synthétiseurs occupaient une place majeure de son dernier opus, ils offrent un espace ici aux violons, guitares électriques et au piano. Une nouvelle approche sonore avec une production plus minimaliste et cinématique ou la beauté du froid scandinave se mêle à la profondeur des chants berbères et à la chaleur des rythmes nord-africains. Une musique onirique créée en compagnie des producteurs Steve Moore et Ryan Seaton, ainsi qu'avec ses collaborateurs réguliers Ash Koosha à Londres, Karim Attoumane et Amine Metani en France. L'album Everywhere We Looked Was Burning est attendu le 27 septembre sur le label américain Partisan Records.

Emel Mathlouthi est en concert le 29 octobre au Café de la Danse à Paris.