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« Black Dove », envolée magnétique de Teebs et Sudan Archives

Publié lepar Ghislain Chantepie
Mtendere Mandowa aka Teebs | Brainfeeder
Mtendere Mandowa aka Teebs | Brainfeeder

Le producteur électronique invite la flamboyante Californienne dans un nouveau puzzle de beats, extrait de son troisième album "Anicca".

Ils sont finalement encore bien peu, les artistes à pouvoir se réclamer aujourd’hui du clan Brainfeeder. Lancé sans fanfare à Los Angeles il y a une dizaine d’années par le rappeur et producteur Flying Lotus, ce label quasi cryptique à ses débuts a depuis engrangé les succès jusqu’à triompher au milieu de la décennie avec Kamasi Washington et Thundercat, signatures rayonnantes des vibrations californiennes les plus actuelles.

Avant ces deux-là pourtant, le jeune Teebs avait été l’une des figures montantes de cette écurie où sont aussi passés Jeremiah Jae et l’Autrichien Dorian Concept. Mtendere Mandowa de son vrai nom avait dès 2010 secoué les internets avec l’avant-gardiste Ardour, un premier album au beatmaking très élastique, garni d’une production ingénieuse et onirique. Cinq années ont passé depuis la sortie de son deuxième long-format au point qu’on avait fini par l’oublier, mais voilà bien Teebs de retour à la fin du mois avec un nouveau projet.

S’il s’est fait sculpteur de sons au fil des années, le Californien est d’abord un peintre accompli qui a su jouer de son goût des textures et des couleurs pour se forger une identité musicale aux mille facettes. Et alors qu’Ardour était un album manifeste dessiné de son seul trait, quelques voix amies avaient déjà émergé sur son deuxième LP comme pour l’ouvrir au-delà d'un beatmaking pur et dur. Une tendance qui se renforce aujourd’hui sur Anicca, un troisième album au nom de baptême d'inspiration bouddhiste et qui invite au micro aussi bien Panda Bear que le rappeur de L.A. Pink Siifu.

Nouvel extrait dévoilé aujourd’hui, Black Dove convoque pour sa part la flamboyante Sudan Archives dans un puzzle de beats organique et haletant, mais qui assume son minimalisme. Car la star de ce morceau, c'est bien la chanteuse californienne dont le flow fait ici office de fil d’Ariane feutré et qui livre dans une forme d'urgence son monologue amoureux jusqu’à l’envol. Classe.

C’est comme si la musique provenait d’une place différente de celle d’où elle me venait auparavant. J’ai beaucoup plus expérimenté avec différents instruments et outils, j’ai essayé de m’ouvrir davantage aux collaborations et échanges”.