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Avec « Baby », Four Tet retourne aux sources du beat

Publié lepar Ghislain Chantepie
Kieran Hebden aka Four Tet en 2013 dans le Tennessee (FilmMagic)
Kieran Hebden aka Four Tet en 2013 dans le Tennessee (FilmMagic) ©Getty

Le prodige anglais annonce un dixième album pour le printemps et dévoile un premier extrait gorgé de groove mental.

Les musiques électroniques ont bien de la chance de compter en leur sein un artiste comme Four Tet. Voilà maintenant deux décennies que Kieren Hebden de son vrai nom brouille les pistes de sa famille musicale en lui offrant une intelligence salvatrice, empreinte de métissage mélodique et de trouvailles psyché qui brouillent encore et toujours les frontières entre l’expérimentation et le dancefloor.

Celui qui à 20 ans à peine perçait sur Warp en remixant son compatriote Aphex Twin est devenu au fil du temps une figure aussi discrète socialement que respectée par ses pairs, auteur stakhanoviste d’une dizaine de disques dont le dernier en date, New Energy, couronnait en 2017 son adresse magistrale à marier mille influences dans des compositions on ne peut plus sensorielles.

Rien d’étonnant, donc, à voir revenir dans les bacs dès cette année ce producteur insaisissable qui annonce pour le mois de mars la sortie de Sixteen Oceans, un dixième album studio comme toujours signé sur son propre label Text et qui se dévoile dès aujourd’hui avec un premier extrait déjà mis en ligne.

Bien moins atmosphérique que les titres de son précédent disque (excepté peut-être SW9 SL), Baby invite ici la chanteuse britannique Ellie Goulding dans un banger au beat obsédant évoquant parfois le groove de son compatriote Bonobo. En pleine montée pourtant, Four Tet suspend brutalement le temps jusqu’à un silence stratosphérique seulement troublé par quelques notes et le chant d’un oiseau. Un break crucial qui prend ici la forme d’une bulle mentale et organique avant que, bientôt, le producteur ne revienne naturellement aux sources du beat.