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Au firmament avec Brian Eno

Publié lepar Ghislain Chantepie
Brian Eno à Londres en 1998 | Martyn Goodacre/Getty
Brian Eno à Londres en 1998 | Martyn Goodacre/Getty ©Autre

Le producteur anglais parachève son chef-d’œuvre "Apollo" dans une nouvelle édition qui célèbre les 50 ans du premier alunissage.

Que reste-t-il aujourd’hui des pierres lunaires d’Apollo: Atmospheres and Soundtracks, le neuvième album de Brian Eno publié au creux de l’été 1983 ? Prophétie cosmique des musiques planantes, ce disque a surtout connu un triomphe à posteriori, du fait de la popularité de certaines de ses compositions utilisées dans plusieurs bande-originales à succès. Ils sont ainsi nombreux, ceux qui sont allés sur la Lune sans le savoir en visionnant Trainspotting, Traffic, ou encore Drive au son de Deep Blue Day et autres créations étoilées du maitre de l’ambient-music.

Ce disque, pourtant, se voulait bien plus qu’un répertoire atmosphérique destiné sur le tard à des films à succès. Il s’agissait d’abord d’une commande faite à Brian Eno au début des années 80 par le réalisateur américain Al Reinert, en vue de sonoriser son merveilleux documentaire d’anticipation For All Mankind. Le projet, avant-gardiste pour l’époque, se voulait alors une relecture très esthétique de l’aventure du programme Apollo qui conduisit l’Amérique sur la Lune de 1969 à 1972.

Dénué de commentaire dans sa première version et uniquement composé d’images rares de la NASA, le film dépassait alors la frustration qu’avait pu ressentir Brian Eno lui-même devant sa télévision le 21 juillet 1969, alors que Neil Armstrong posait le pied sur la Lune dans un nuage de commentaires bruyants qui dissipaient l’expérience artistique de ce moment unique.

36 ans plus tard, alors que le monde s’apprête de nouveau à scruter les cratères lunaires pour le cinquantenaire de la mission Apollo 11, le producteur anglais a retrouvé son frère Roger et le Canadien Daniel Lanois en studio pour parachever leur effort commun. Le 19 juillet prochain, deux jours seulement avant la célébration du premier alunissage, Apollo: Atmospheres & Soundtracks retrouvera ainsi les bacs à disques dans une réédition complétée d’un album entier de nouvelles créations imaginées dans le studio de Daniel Lanois.

Premier extrait dévoilé de ce disque intitulé lui aussi For All Mankind, le scintillant Like I Was A Spectator prend aujourd’hui la forme d’une fantaisie stellaire, une élancée majestueuse qui assume sa grâce minimaliste, telle la solitude d’un rayon de lumière filant dans l’immensité du vide sidéral. Parés à décoler ?

Brian Eno Apollo
Brian Eno Apollo ©Autre