Shai Maestro Trio "The Road To Ithaca"

- laborie jazz
The Road To Ithaca

Sur ce nouvel enregistrement, la musique de Shai Maestro Trio concilie encore et toujours l’immédiateté pop, la liberté du jazz et une exposition lyrique héritée de son apprentissage du classique dès l’âge de cinq ans

Shai Maestro, au mitan de la vingtaine, a déjà fait du chemin. Et ce second album comme leader (après l’éponyme Shai Maestro Trio en 2012) est celui d’un musicien très suivi. Il incarne une forme de relève dans le champ du trio jazz moderne tel que défini par E.S.T. ou Brad Mehldau.

Shai Maestro trio

Shai Maestro trio © RF

The Road To Ithaca, le titre du nouvel album de Shai Maestro, fait référence à un poème de Constantin Cavafy, un auteur grec, inspiré par L’Odyssée d’Homère. Après la Guerre de Troie, Ulysse, revient à Ithaque et sauve sa femme Pénélope et son fils Télémaque des prétendants, en étant le seul capable de tendre l’arc laissé dans son pays une décennie plus tôt. Pendant son voyage Ulysse voit Ithaque à plusieurs reprises depuis le pont du navire, mais à chaque fois, quand il croit s’en approcher, Ithaque disparaît. Cavafy conseilla rétrospectivement à Ulysse de faire durer le voyage et de ne pas se ruer sur Ithaque, son objectif initial.

Comme ses précurseurs, Shai Maestro compose ses propres thèmes et préfère l’inconnu à la redite. Sur ce nouvel enregistrement, sa musique concilie encore et toujours l’immédiateté pop, la liberté du jazz et une exposition lyrique héritée de son apprentissage du classique dès l’âge de cinq ans. Du coup, une nouvelle génération de spectateurs se reconnaît dans son écriture, à la fois accessible et complexe. « La simplicité est sans doute ce qu’il y a de plus difficile à atteindre. J’adore trouver une phrase claire, une ligne mélodique limpide. J’ai du mal à complètement m’immerger dans des musiques qui reposent sur des ressorts très complexes (ce qui en soit n’est pas une mauvaise chose) et manque simplement d’une ligne mélodique. A un moment, il faut une mélodie, c’est une respiration. »

Depuis 2010, le batteur israélien Ziv Ravitz et le bassiste péruvien Jorge Roeder, partagent avec lui une complicité pas seulement artistique. « On peut faire de la bonne musique avec des gens qui ne sont pas forcément des amis, mais avoir en commun une certaine philosophie de l’existence et une vraie complicité, aide grandement. C’est ce qui fait la force et l’évidence de ce trio, la musique du trio est bercée par une forme de mouvement permanent. J’aime créer un thème, le poser, le travailler et le casser pour mieux le reconstruire ensuite. »

 

Commentaires