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Le chanteur Christophe est mort

Publié lepar FIP.fr
 Christophe en 2011 au Palace à Paris (David Wolff Patrick/WireImage)
Christophe en 2011 au Palace à Paris (David Wolff Patrick/WireImage) ©Getty

L'artiste intemporel est décédé cette nuit des suites d'une maladie pulmonaire à l'âge de 74 ans.

Christophe ne réinventera plus ses mots bleus. Le chanteur français est décédé cette nuit des suites "d'un emphysème", une maladie pulmonaire, a indiqué à l'agence France-Presse Véronique Bevilacqua, son épouse, dans la nuit de jeudi à vendredi. Daniel Bevilacqua de son vrai nom, avait été hospitalisé et admis en réanimation le 26 mars dans un hôpital parisien, avant d'être transféré à Brest. 

"Christophe est parti. Malgré le dévouement sans faille des équipes soignantes, ses forces l'ont abandonné", écrivent aujourd'hui dans un communiqué son épouse et sa fille Lucie. "Aujourd'hui, les mots se lézardent... et tous les longs discours sont bel et bien futiles", poursuivent-elles dans ce court texte. À 74 ans, Christophe devait reprendre en septembre une tournée reportée en raison de l'épidémie de Covid-19. Sa parole chantée et raffinée reste ancrée dans notre mémoire collective. 

Vedette de variétés à ses débuts, le sensible noctambule est devenu une icône branchée de la chanson française élégante et distinguée. Fan de Little Richard, Lou Reed, Bashung, Bowie... Christophe était aussi un sculpteur de sons à la fois surannés et avant-gardistes. Amoureux de la matière, glaneur, il triture les machines et les instruments, transforme et détourne les codes pour trouver son propre univers sonore. 

Très jeune, Daniel Bevilacqua se passionne pour Piaf, Bécaud, Brassens. Il apprend à jouer de la guitare et de l’harmonica et se plonge dans le rock d'Elvis Presley. Sa carrière décolle en 1965 lorsque les radios font naître le tube Aline, qui, quinze ans plus tard, fait un triomphe encore plus étourdissant, berçant des millions de baisers. 

Aline, c'est un de mes blues, je ne me force pas à la chanter, c'est à chaque fois différent.

Juste après ce succès retentissant, Christophe, signe une partie très solaire de la partition du film La route de Salina de Georges Lautner et notamment la chanson phare The Girl from Salina.

Suivront les chansons, Les Marionnettes, J’ai entendu la mer, Excusez-moi Monsieur le professeur ou encore Je chante pour un ami, Mal, Mes passagères, Rock Monsieur, Main dans la main et l'album Les Paradis perdus qui correspond à ses débuts avec les machines, histoire d'élargir sa palette sonore et d'affirmer sa différence : 

Puis Les Mots bleus, créé en 1974 avec Jean-Michel Jarre, débarquent dans les cœurs et le consacre "idole des jeunes". En 1978, il sort l'album pop-rock déjanté Le Beau Bizarre, dont Christophe a fait son emblème, avec des textes signés Bob Decout : 

Christophe a eu Un Succès Fou, le charme ça fait vraiment tout. Avec Arno, Feu ! Chatterton, Laëtitia Casta, Philippe Katerine, Juliette Armanet ou encore jeanne Added, il a revisité son répertoire. Toujours à la recherche des Paradis Perdus, le dandy en apesanteur, se réinventait avec raffinement dans un monde singulier fait de sons, d’images et de sensations.

On se souvient de son album Aimer ce que nous sommes avec le trompettiste Erik Truffaz, Isabelle ­Adjani, Daniel Filipacchi, le batteur Carmine Appice, le guitariste flamenco Moraito, le chanteur Diego Carrasco, le DJ Murcof ... un opus traversé par la mélancolie.

Il faut  s’aimer pour faire du beau. Quand on ne s’aime plus, on ne jouit plus. Et quand on ne jouit plus, on est mort.