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1963 à 1974 quand la chanson française dansait au rythme de la bossa nova

Publié lepar Guillaume Schnee
Marpessa Dawn / DR
Marpessa Dawn / DR

Le label Born Bad Records nous offre un tour d'horizon exaltant de l'influence brésilienne sur les productions hexagonales dans sa compilation "TCHIC TCHIC - French Bossa Nova - 1963​/​1974".

En juillet 1958, João Gilberto sort la chanson Chega de saudade, signée Antônio Carlos "Tom" Jobim (pour la musique) et Vinícius de Moraes (pour les paroles), titre fondateur du mouvement musical hérité de la samba, la bossa nova. « Par le style, la cadence, pour tout, c'est de la samba. Au tout début, on n'appelait pas encore ça de la bossa-nova, nous chantions « une petite samba faite d'une seule note - Samba de uma nota so.... La discussion sur les origines de la bossa-nova est donc inutile » explique Gilberto. 

Avec ses harmonies sophistiquées cette musique délicate et sensuelle connaît son âge d'or à Rio jusqu'au coup d'Etat militaire de 1964, ses grands interprètes vont pour la plupart s'exiler, mais la bossa nova a déjà envahit la planète, inspirant les grands jazzmen américains comme le trompettiste Dizzy Gillespie ou le guitariste Charlie Byrd et transformant les codes de la chanson française de 1963 à 1974. Le label Born Bad Records a sélectionné 22 trésors de cette "appropriation culturelle" de la bossa et de ses dérivés sur sa compilation TCHIC TCHIC - French Bossa Nova - 1963​/​1974 attendue le 17 juillet dans les bacs :

Cette collection de titres rares ou oubliés nous plonge au coeur de cette décennie où les artistes et les producteurs français vont trouver dans la musique brésilienne cette énergie et cette chaleur exotique synonyme du cool, idéale tant pour les ballades sentimentales que pour les tubes dansants ou les envolées militantes. Bossa nova, Rythmes afro-brésiliens, samba jazz, funk carioca ou pop de Bahia vont alors rayonner sur les ondes françaises avec des titres comme Casa Forte d'Isabelle Aubret avec une reprise d' Edu Lobo, Il faut tenir du groupe Les Masques (qui cache entre autres Nicole Croisille et Pierre Vassiliu), le déjanté Vai Vai de Jean-Pierre Sabar, Le petit cuica de l'américaine naturalisée française Marpessa Dawn, le Corto Maltese de Sylvia Fels, Jusqu'à la tombée du jour d'Isabelle de Funès, De jour en jour de Sophia Loren ou encore Si rien ne va de Billy Nencioli & Baden Powell. En tout 22 pépites témoins de l'extraordinaire richesse musicale de cette scène française qui rêvait d'ailleurs.