"Tempelhof", nouveau spleen aérien de Yann Tiersen

Le 18 octobre 2018 par
"Tempelhof", nouveau spleen aérien de Yann Tiersen
Yann Tiersen au piano sur l'île d'Ouessant dans le Finistère.

Le compositeur breton annonce un nouvel album et dévoile un premier titre poétique.

Eusa, Ouessant, deux noms pour désigner en breton et en français la même terre sauvage située à une vingtaine de km des côtes du Finistère. C’est là-bas, dans cette solitude éolienne, que Yann Tiersen s’était retranché pour façonner son dernier album il y a deux ans, le baptisant du nom de cette île d’adoption où les éléments naturels l’ont profondément inspiré. Un disque introspectif à maints égards, une quête inachevée aussi et qui peut expliquer la suite qu’entend lui donner le compositeur breton avec All, son dixième disque annoncé pour février prochain.

Yann Tiersen ne s’est pas seulement installé à Ouessant il y a dix ans, il y a aussi bâti un studio d’enregistrement au sein d’une ancienne discothèque abandonnée. C’est là qu’il a incubé le petit frère d’Eusa qui comprendra également nombre d’enregistrements de terrain, réalisés en Bretagne mais aussi en Californie ou à Berlin dans l’aéroport désaffecté de Tempelhof. Dans cet ancien symbole de la Guerre froide où un pont aérien sauva la ville au tournant des années 50, la nature a repris ses droits depuis plusieurs années avec un immense parc en guise de nouveau tarmac.

Premier extrait du disque mis en ligne, Tempelhof est aussi un titre avec deux facettes bien différentes. Très onirique, la première partie du titre est menée par un piano solo auquel le compositeur a mêlé des rires lointains, du vent ou encore des chants d’oiseaux. Plus loin, en forme de final inattendu, Yann Tiersen s’offre un vertige noise dans un contrepoint rock, saturé et rayonnant. L'immensité reste encore et toujours son sujet, alors vivement la suite.
 
A lire aussi : notre chronique d'Eusa, neuvième album de Yann Tiersen

Commentaires