"Sisyphus" road-movie facétieux d'Andrew Bird

Le 07 février 2019 par

En prélude à son nouvel album "My Finest Work Yet", le songwriter et multi-instrumentiste surdoué chante la futilité sur un titre folk-rock optimiste.

Musicien et poète folk de l'Illinois, Andrew Bird sortait, en 2016, le magnifique album Are You Serious. Parallèlement il lançait la série Live From the Great Room, invitant chez lui le ghota des instrumentistes du moment pour des sessions acoustiques improvisées. En novembre dernier le songwriter dévoilait le mélancolique Bloodless, écrit après l'élection de Trump, un single qui figurera dans son nouvel album My Finest Work Yet, le 22 mars sur le label Loma Vista. Un titre d'album qui annonce un ton plus léger qu'à son habitude car même si Bird se débat toujours avec des thèmes en rapport avec les dichotomies actuelles, il prend un peu de distance pour s'amuser de nos turpitudes à l'image de Sisyphus, une balade folk-rock qui fleure bon la légèreté des sixties.

Andrew Bird

Andrew Bird © Amanda Demme

"Ce morceau parle de l'addiction, de cette dépendance à notre propre souffrance. Quand on laisse la pierre rouler, il y a des conséquences morales. Je pense que cela traduit ce sentiment d'inutilité" Andrew Bird

Filmé dans le désert californien par Matthew Daniel Siskin, le clip de Sisyphus nous embarque dans un road-movie drolatique, où l'artiste associe la mythologie grecque et les allusions au film Easy Rider. Au lieu de pousser un rocher vers le haut d’une montagne, comme le roi condamné, le multi-instrumentiste se bat pour gravir les hauteurs tout en portant une énorme tête de pierre. Ailleurs on retrouve le multi-instrumentiste affublé d'une perruque de Dennis Hopper et juché sur un vélo avant de découvrir qu'il est installé sur la plate-forme d'un pick-up.

Enregistré dans des conditions live aux studios Barefoot Recordings à Los Angeles, My Finest Work Yet a été réalisé par Paul Butler (Michael Kiwanuka, Devendra Banhart...). Alchimiste du son et mélodiste hors pair, Bird y aborde ses sujets avec une approche plus directe que celle de ses albums précédents. En prenant plus de risques, dans les textes et dans l'enregistrement. Une nouvelle direction musicale qu'il explique : "Il y a un certain optimisme dans ce disque… musicalement il est positif et joyeux, mais dans les textes il ne met pas de gants. Pas du tout."

Andrew Bird est en concert le 14 juin au Trianon à Paris.

Andrew Bird couv My Finest Work Yet

Commentaires