« Otún », les flammes tribales de Montoya

Le 10 mai 2019 par

Le producteur colombien célèbre son nouvel album avec un clip saisissant en forme de transe funéraire.

Niché sur les contreforts des Montes de María, à quelques kilomètres de la Mer des Caraïbes, se situe le village colombien de San Basilio de Palenque, foyer historique de la culture créole du même nom introduite dans le pays par des esclaves africains.

C’est cet endroit précieux, carrefour singulier des différentes cultures colombiennes, que le producteur Montoya a choisi pour mettre en images Otún, l’un des titres les plus réussis de son nouvel album publié aujourd’hui sur le label ZZK. Aux côtés de La Yegros, de l’Equatorien Nicola Cruz mais aussi de ses jeunes compatriotes Mitú, Montoya a bel et bien trouvé sa place sur le label argentin qui a révolutionné en une dizaine d’années la scène électronique sud-américaine.

Montoya

Et à l’instar de ses camarades de platines, le producteur mise aujourd’hui beaucoup de ses nouvelles créations dans la rencontre entre les rythmes d’aujourd’hui et les identités passées, un syncrétisme qui demeure risqué si une approche culturelle et musicale millimétrée n’est pas respectée. Mélange d’espagnol et de langues ancestrales africaines, le palenquero est justement un lexique unique en son genre et qui est au fronton d’une tradition orale et collective dont les facettes sont bien plus vastes.

L’une d’elle est le lumbalú, un rite funèbre d’origine bantoue qui exorcise la disparition d’un proche dans la prière et la danse nocturne. C’est ce moment dramatique précis, une pratique culturelle venue du fond des âges, que le réalisateur du clip d’Otún a voulu saisir ici derrière sa caméra, au milieu des percussions, des danses et des flammes sacrées. Fusion de Bullerengue traditionnel et de rythmes électroniques, le morceau de Montoya prend alors des allures de véritable transe tribale, portée en cela par la voix voluptueuse de l'impeccable Nidia Góngora.

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