"Nobody Knows", le travail de mémoire de BCUC

Le 23 février 2018 par

Le collectif afro-psychédélique de Soweto dévoile un clip intense de résistance avant la sortie de son second album "Emakhosini".

C'est donc une semaine après l'élection du nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, que le groupe BCUC (Bantu Continua Uhuru Consciousness) a présenté le premier titre de son prochain album prévu le 16 mars chez Buda Musique. Le collectif vit comme ses aînés sa musique comme une arme de libération politique et spirituelle, tout autant qu’une transe hédoniste proche de celle du nigérian Fela Kuti. Rien d'étonnant alors de le voir revisiter le gospel Nobody Knows the Trouble I've Seen autrefois immortalisé par Marian Anderson, Lena Horne, Louis Armstrong ou Paul Robeson. Un gospel qui devient ici un hymne afro-psychédélique au travail de mémoire des luttes passées et actuelles, mais aussi un portait des gens ordinaires de Soweto mis en images dans un clip réalisé par Chris Kets.

Le titre et sa vidéo parlent de la résilience que nous devons avoir en ces temps difficiles (politiquement). Nous avons déjà traversé les moments les plus difficiles et nous ne pouvons pas abandonner maintenant. Nous ne pouvons pas être occupés à nous attaquer les uns les autres, nous devons garder les yeux sur le ballon. Jovi chanteur de BCUC

BCUC (Bantu Continua Uhuru Consciousness)

BCUC (Bantu Continua Uhuru Consciousness) © Jeanne Abrahams

Actif depuis 15 ans en Afrique du Sud, Bantu Continua Uhuru Consciousness a été repéré ici en 2016 aux Trans Musicales lors de la sortie de Our Truth un premier album incroyable de transe. Héritiers de Philip ‘Malombo’ Tabane où Batsumi, ils cherchent à donner une expression contemporaine aux traditions ancestrales des peuples autochtones, mais les influences hip- hop et une énergie punk-rock ont remplacé le jazz si présent dans les productions des années 70 et 80.

Les rythmes Nguni se mêlent ainsi à ceux du peuple Tsonga, les sifflets des mineurs Bhaca et Shona rencontrent la corne traditionnelle Imbomu tandis que des chants de guerre ancestraux et les chœurs du Ngoma busuku (chants de nuit) se mêlent à la voix soul de la chanteuse Kgomotso et au rap furieux de Jovi et Luja. Ils appellent leur musique "africangungungu", une transe groove et psyché que l'on retrouve sur ce deuxième album Emakhosini, enregistré à Lyon, où l'on pourra entendre deux titres de vingt minutes pour "emmener l’auditeur dans le lieu où les ancêtres vivent".

BCUC est en tournée en France au mois de mars et avril ▶

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