“Lest We Forget”, prière sanguine d’Esperanza Spalding

Le 14 mai 2019 par

La chanteuse américaine illustre son ode au corps humain dans un nouveau clip écarlate.

Elle est sûrement l’une des musiciennes les plus talentueuses de sa génération. À 34 ans seulement, Esperanza Spalding a déjà pu goûter à la reconnaissance de ses pairs comme au succès d’un public encore et toujours émerveillé par ses audaces poétiques aux confins du jazz. Bassiste, contrebassiste, chanteuse aussi, cette native de Boston semble bel et bien transformer en or tout ce qu’elle touche depuis la sortie en 2010 de son bijou Chamber Music Society.

Et l’an dernier, c’est avec une audace intacte que la compositrice publiait 12 Little Spells, un concept-album dont chacun des douze morceaux est dédié à une partie du corps humain. Un disque pétri d’une pop psychique assez rare jusque là chez l’Américaine, mais qui avait déjà livré avec son disque précédent une création aussi expérimentale qu’improvisée.

Esperanza Spalding

Pour parfaire cette exploration organique, Esperanza Spalding vient de rééditer son dernier album en y intégrant quatre compositions inédites, dédiées celles-ci aux articulations, aux cheveux, ou encore au sang lui-même avec le méditatif Lest We Forget. Dans cette hymne à notre liquide vital, la bassiste accorde sa voix feutrée à des ambiances éthérées, aux frontières d’un psychédélisme suave. À l’écran, c’est dans un clip captivant que s’illustre ce nouveau morceau, une forêt écarlate où se tisse un fil d’Ariane sanguin, telle une ligne directe vers le cœur de la chanteuse. Magique.

12 Little Spells

 

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