Les vertiges disco de Charlotte Gainsbourg

Le 02 juillet 2018 par

La chanteuse française a dévoilé un clip surréaliste pour «Sylvia Says», un titre hommage à la poétesse Sylvia Plath.

Qu'elle paraît lointaine, la fragilité de Rest, ce premier extrait de l'album éponyme dévoilé par Charlotte Gainsbourg à l'automne dernier. La mélancolie triomphait alors sur ce titre minimal (trop ?) composé avec le Daft Punk Guy-Manuel de Homem-Christo et annonciateur du cinquième disque de la chanteuse.
 
Depuis, l'album a révélé toutes ses facettes et surtout l'ambition d’équilibriste retenue par la fille du grand Serge pour éviter à un disque marqué par le deuil la trajectoire musicale d'une tragédie grecque. Car si les textes écrits par la chanteuse sont bien souvent emplis de spleen et de gravité, les harmonies pop et les arrangements ondulés apportés par le Français Sebastian – qui a produit Rest -  offrent à ces compositions un contraste des plus rafraichissants.

Charlotte Gainsbourg - “Sylvia Says”

 
Cette dissonance se retrouve aussi à l'écran avec les nombreux clips très esthétiques mis en ligne par Charlotte Gainsbourg depuis la sortie de Rest. Installée à New York où la plupart des vidéos ont été tournées, la chanteuse s'est de nouveau perdue dans les rues de Big Apple pour mettre à l'écran Sylvia Says. Ce titre hommage au poème Mad's Girl Love Song de l'Américaine Sylvia Plath était déjà l'un des plus pop du disque. Baigné de basses disco et de tintements house, le morceau trouve désormais un contrepoint pictural de belle facture dans le clip réalisé par la Française Nathalie Canguilhem.
 
Prétexte à tous les artifices visuels, l'évanouissement dans lequel la chanteuse plonge à l'écran transporte ainsi le spectateur dans un New-York en pleine déstructuration. Même s'il est moins impressionnant que le convulsif Kerala de Bonobo, Sylvia Says est ainsi une belle intrusion de la chanteuse en zone urbaine - même si la publicité grossière pour les casques Beats gâche l'ambiance. Alors que le slow-motion est largement utilisé pour figurer une sorte d'écroulement généralisé des foules, le clip va jusqu'à frôler le surréalisme lorsque la chanteuse finit par voguer au milieu d'une partie de bowling version boules à facettes. Saisissant.

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