Les trésors éthio-soul de Ernesto Chahoud

Le 19 février 2018 par
Les trésors éthio-soul de Ernesto Chahoud
Ernesto Chahoud © Eddie Otchere

Le collectionneur libanais a réuni 25 pépites de l’effervescence créative en Ethiopie sur "Taitu: Soul-Fuelled Stompers from 1960s- 1970s Ethiopia" en écoute ici.

Si depuis 20 ans, la collection Éthiopiques nous a permis de découvrir les trésors discographiques éthiopiens à coup de rééditions classieuses, l’ex-empire du Négus n'a pas fini de dévoiler son immense patrimoine musical comme nous le prouve cette compilation Ernesto Chahoud presents Taitu: Soul-Fuelled Stompers from 1960s- 1970s Ethiopia éditée par le label BBE. Ici c'est le collectionneur et DJ libanais Ernesto Chahoud qui a retenu des 45 tours orientés éthio-soul, nous plongeant dans l'atmosphère torride des clubs d’Addis-Abeba de cet âge d’or du son éthiopien. 

Malgré l'isolement du pays, les artistes majeurs du Swinging Addis (la scène éthio-jazz d’Addis-Abeba), influencés par le jazz, le funk, la soul ou le boogaloo, boostaient leurs musiques avec l'énergie du R&B et du rock and roll, le tout dans un cocktail unique ou règnaient des mélodies dirigées par les cuivres, des chants amhariques et des claviers au groove oriental.

Le Digger Beyrouthin, aussi patron de Darsko Records, a sélectionné 25 titres introuvables de sa collection réunissant des grands noms de cette scène comme l’incontournable parrain de l'éthio-jazz Mulatu Astatke sur l'étourdissant Emnete ou Alèmayèhu Eshèté, grande voix d'Addis-Abeba qui fonda le Alèm-Girma Band avec Girma Bèyènè et qui a sorti une trentaine de 45t avant de fuir en 1974 l'arrivée de Mengistu Haile Mariam. Parmi ces perles gravées dans des studios rudimentaires où les groupes devaient se partager une poignée de micros, on trouve aussi le chant bluesy mélancolique de Hirut Bekele sur Ewnetegna Feker ou la soul de Bizunesh Bekele, le funk de Selomon Shibeshi et des aristes méconnus tels que Merawi Yohannis et Birkineh Wurga.

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