Les « Silver Vibrations », âge d’or oublié de Roy Ayers

Le 07 mars 2019 par
Les « Silver Vibrations », âge d’or oublié de Roy Ayers
Roy Ayers en concert à Londres en mars 1983 | David/Redferns/Getty

Le label BBE offre un second souffle à cet album charnière du virtuose californien.

C’est une histoire dans l’Histoire que s’apprête à exhumer le label anglais BBE. Celle d’un disque méconnu, un album coincé dans un carrefour temporel et stylistique du génial vibraphoniste américain Roy Ayers. Avec ses 50 albums produits en un demi-siècle (et mille fois samplés), le « godfather of neo-soul » reste à bientôt 80 ans une légende bien vivante du groove, un prophète du passé qui sut avant d’autres inventer un trait d’union révolutionnaire entre le jazz, la soul et le hip hop.

Au début des années 80, Roy Ayers est déjà loin d’être un inconnu. Il a atteint son acmé au mitan de la décennie précédente avec son tube Everybody Loves the Sunshine, et vient d’achever une collaboration prolifique avec Fela Kuti sur l’album Music of Many Colors. Et c’est dans la longue traine de cette expérience afrobeat que son nouveau disque Silver Vibrations voit le jour en 1983, en réalité une version de l’album Lots of Love dédiée au marché britannique et enrichie de 4 titres exclusifs.

Parmi ceux-là, la version longue (7 minutes) du classique Chicago, passé à la postérité comme l’un des titres stars des DJs de l’époque. Un hit mille fois joué et samplé à cette période où les clubs voient disco, funk et premiers synthés fusionner avec fracas dans une dance-music sans étiquette. Et si l’Histoire a retenu Chicago comme la ville fondatrice du courant house, le titre éponyme de Roy Ayers avec sa boucle hypnotique sans fin apparaît bien aujourd’hui comme l'instantané fantastique de ce qui se joua à cette époque sur les dancefloors post-disco de la grande ville américaine.

Autre titre, autre ville, et autres influences avec ce D.C City, une croisière de 6 minutes dans le groove le plus langoureux qui soit de Roy Ayers, cette « feel good music » impeccable qui a forgé son succès dans les années 70. Avec cette partition digne d’Everybody Loves the Sunshine, l’Américain ne prend certes aucun risque mais offre alors l’une de ses leçons de studio gorgée de soul somptueuse, une ultime démonstration avant de devenir bientôt l’un des totems de l’acid-jazz naissant. Mais ceci est une autre histoire…

Roy Ayers Silver Vibrations

"Silver Vibrations", réédition de l'album de Roy Ayers, est attendu le 22 mars sur le label anglais BBE.

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