Les rêves libérateurs de Gaye Su Akyol

Le 18 septembre 2018 par
Les rêves libérateurs de Gaye Su Akyol
Gaye Su Akyol / Aylin Güngör

La rockeuse stambouliote sort "Istikrarlı Hayal Hakikattir", un troisième album viscéral, poétique et révolutionnaire.

Bien avant les frasques psychédéliques du combo rock Altin Gün en 2017, l'artiste Gaye Su Akyol enflammait les scènes européennes avec sa musique aux influences anatoliennes pop et rock dans la lignée du son turc psyché des années 60 et 70, mêlées à des ballades traditionnelles raki. Avec son deuxième album Hologram Imparatorlugu sorti en 2016, Gaye Su Akyol illustrait à merveille cette scène stambouliote qui combat le conservatisme culturel actuel par une créativité débordante. L'icône punk revient le 26 octobre avec Istikrarlı Hayal Hakikattir, un nouvel hymne à la liberté et à la résistance dans la Turquie d’Erdogan.  

Fille du peintre Muzaffer Akyol, l'ancienne étudiante en anthropologie a été influencée autant par les chanteuses anatoliennes engagées Selda Bagcan et Müzeyyen Senar que par Nick Cave ou Nirvana. Eprise de liberté dans un monde masculin et conservateur, l'artiste écrit ses textes et sa musique, a fondé son label Dunganga Records et s'est impliqué dans toutes les étapes de la production de l'album. Toujours plus riche, sa musique est à l'image d'Istanbul : un melting pot culturel et sans âge où les claviers cosmiques, les guitares surf ou post-punk dansent avec les violons, ouds, cumbush, baglama (saz turc), beats électroniques et cuivres.

Gaye Su Akyol / Aylin Güngör

Gaye Su Akyol / Aylin Güngör

Avec son chant délicieusement suave, Gaye Su Akyol nous embarque dans son imaginaire, ses rêveries au pouvoir libérateur puisant son inspiration dans son passé comme dans les pays qu'elle a parcourus au gré de ses longues tournées.  L'album oscille entre ballades poétiques aux mélodies somptueuses et fulgurences rock viscérales et psychées.

Dans un pays difficile comme la Turquie, bordant le Proche-Orient, la Russie et l’Europe, dans une atmosphère de plus en plus conservatrice et un monde qui contribue à sa propre obscurité avec son chaos et ses luttes de pouvoir, je crois qu’il faut défier le mal organisé et la réalité horrible qu’il engendre, et l’option la plus forte reste le « rêve cohérent ». En outre la vision matérialiste du monde attribue des significations et des valeurs suprêmes à ce qu’elle appelle « réel » tout en ignorant l’énorme puissance, la nature incroyable et la valeur des rêves. Comme tous les enfants, petite mon super-pouvoir était de rêver. Je l’ai presque oublié pendant un moment, mais j’ai fini par m’en souvenir. Il n’y a rien de plus beau et spectaculaire qu’un esprit libre. Gaye Su Akyol

Gaye Su Akyol est en concert le 28 octobre au New Morning à Paris.

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