Les débuts latin soul de Mulatu Astatke

Le 23 juillet 2018 par
Les débuts latin soul de Mulatu Astatke
Mulatu Astatke à New York en 2017 / Jack Vartoogian / Getty

Le label Strut vient de rééditer les deux volumes de "Afro Latin Soul", premières incursions latines du maître de l'éthio jazz enregistrées en 1966

Pionnier de l'afro jazz éthiopien, père de l'éthio Jazz et membre éminent du Swinging Addis, le vibraphoniste et compositeur Mulatu Astatke a étudié à Londres avant de s'installer aux États-Unis au milieu des années 60 et de devenir le premier artiste africain à étudier au prestigieux Berklee College of Music de Boston. A New York il côtoie des artistes comme John Coltrane, Hugh Masekela, Miriam Makeba ou Fela Kuti qui vont placer l'Afrique au coeur du jazz contemporain. Le label Strut vient de rééditer Afro Latin Soul Vol 1 & 2, des oeuvres sorties initialement en 1966 et enregistrées avec sa formation The Ethiopian Quintet :

J'ai toujours ressenti un lien profond entre la musique latine et africaine. Je suis allé à Cuba et j'ai écouté leurs musiciens; le tempo, le rythme et le feeling étaient très similaires aux différentes formes africaines. Au milieu des années 60, j'ai formé un groupe appelé The Ethiopian Quintet à New York comprenant des musiciens éthiopiens, latins et afro-américains. Mulatu Astatke

C'est à New York que Mulatu Astatke va rencontrer Gil Snapper qui va produire une série d’albums via son label Worthy Records dont Mulatu of Ethiopia premier album mythique de l'Éthiopien sorti en 1972 et récemment réédité par Strut. Six ans plus tôt, l'artiste qui brille au vibraphone, au piano ou aux percussions a sorti les deux volumes de Afro Latin Soul, sur lequel on découvre avec bonheur les prémices de sa future fusion grandiose de mélodies séculaires venue la Corne de l’Afrique, de jazz, de groove et de rythmes latins.

Au cours de deux sessions distinctes Mulatu Astatke et son quintet vont se lancer dans une collection jubilatoire de boogaloo, mambos, latin jazz et autres cha cha cha revisités. A cette époque les clubs de la Grosse Pomme dansent aux rythmes des musiques latines venues des barrios portoricains et cubains et Mulatu Astatke va engager le trompettiste et pianiste Rudy Houston ou Felix Torres, trompettiste du groupe La Sonora Ponceña. Pour l'occasion Mulatu n'hésite pas à traduire en espagnol une ancienne chanson de guerre éthiopienne I Faram Gami I Faram ou adapter quelques-uns de ses thèmes favoris comme Girl From Addis Ababa, Mascaram Setaba (Summer Is Coming), Shagu ou Almaz

L'album Afro Latin Soul est en écoute intégrale ici ▶

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