Les cordes mordantes de Black Milk

Le 15 février 2018 par
Les cordes mordantes de Black Milk
Curtis Cross aka Black Milk | Delaney Teichler

Figure du rap de Detroit, Curtis Cross dévoile un titre farouche extrait de son prochain album attendu à la fin du mois.

C’est désormais une tendance lourde et qui se vérifie disque après disque : le hip hop a repris les armes du militantisme et de l’activisme en Amérique depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. D’une côte à l’autre, les artistes puisent désormais massivement dans l’actualité sidérante, les outrages et les tensions qui s’exacerbent pour nourrir des compositions de plus en plus contestataires.

C’est bien aussi le sens que compte donner le talentueux Black Milk à son nouvel album intitulé explicitement Fever. Figure de l’underground made in Detroit, Black Milk est un rappeur qui a fait ses armes de jeune producteur au tournant des années 2000 au service des regrettés Baatin et J. Dilla dans l’immense groupe Slum Village. Dans la décennie qui a suivi, Curtis Cross sortait ses premiers albums solo où toujours il expérimentera quelque chose de nouveau, passant des synthés à la soul et au jazz, mais surtout forgeant un son alternatif bien distinct, une signature personnelle qui l’a fait reconnaitre comme un grand producteur.

Elle parait ainsi déjà loin, sa rencontre avec Jack White en 2011 autour d’un ou deux titres cuivrés, alors que son septième album s’annonce donc pour la fin du mois chez Mass Appeal. Un disque sombre, anguleux et qui prend en tenaille  une bonne partie des démons de l’Amérique. Ainsi en va t-il aussi de ce True Lies en forme de fake news à l’envers, où le rappeur fait claquer son flow rugueux dans un nuage de guitares effilées et de batterie sourde. Un nuage de jazz corrosif où le rap fait bien la loi. Puissant.

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