L'intranquillité salvatrice du chanteur Wladimir Anselme

Le 22 mai 2018 par
L'intranquillité salvatrice du chanteur Wladimir Anselme
Wladimir Anselme - Photo de Franck Loriou

Un titre à découvrir ici, extrait de "L’Esclandre" dans les bacs le 25 mai.

Wladimir Anselme balade sa poésie seul avec sa vieille guitare de western ou avec son groupe Atlas Crocodile, partageant la scène avec des artistes tels que Dick Annegarn, Thiefaine, Emily Loizeau, Bertrand Belin, Jeanne Cherhal … Après le très bel album de pop-folk Les Heures Courtes (2011), le troubadour présente L’Esclandre, conçu loin des contraintes des studios ordinaires, dans une campagne où l’on respire la liberté, de l’aurore jusqu’à la nuit pleine, lorsque les fenêtres restent ouvertes pour happer l’air du temps. " On s'arrange pour que le temps de studio soit un moment de création. On a joué au maximum live, tous ensemble ", précise le chanteur qui dévoile pour FIP Les 3 Bécasses, une comptine métaphorique aux allures de partie de chasse à la Renoir, qui parle de convalescence, de ses moments où l'on reprend ses forces :

A 16 ans, Wladimir montait déjà sur scène avec son propre répertoire. Attiré par les chansons à texte, il est allé chercher ses inspirations du côté de Léo Ferré, Jean Guidoni, Julos Beaucarne, Léonard Cohen ... avant de s'en détacher pour plonger dans le folk. Parmi ses belles influences, il cite volontiers les chansons de Caetano Veloso dont les paroles ne prennent pas le pas sur la musique. "La découverte du tropicalisme a totalement changé ma vision de la musique ", précise-t-il. 

S’il est auteur-compositeur-interprète, Wladimir Anselme est aussi à ses heures, vidéaste, feuilletoniste, truqueur et dessinateur, Il a, par exemple, écrit des fictions sonores pour France Inter, France Culture ou pour Arte Radio. Les 10 chansons de son nouvel album sont d'ailleurs comme de petits courts-métrages surréalistes qu'il a travaillé à l’épure avec l'aide précieuse de ses complices, le guitariste Csaba Palotaï, le claviériste Boris Boublil et la batteuse Marion Grandjean : "On les a joué comme on les sentait sur le moment. Ce n'est pas léché mais c'est très profond. Il s'agit là de préserver le feeling originel et de réussir le vieux fond de blues des chansons plutôt que de chercher la perfection ". 
 
Des instants de grâce et de musique partagée, dont on ne sait jamais ce qu'il reste, magnifiquement captés par l'oreille attentive de l’ingénieur du son Benoît Gilg : 

"J'ai mis beaucoup de temps à finaliser ce disque. J'avais peur qu'il soit très noir. Mais je suis étonné. Je me sens encore très bien dedans ". L'écriture minutieuse et pleine de mystères de Wladimir Anselme explore les sentiments sans en avoir l’air. Il nous susurre sa tendresse pour les moments fragiles, pour notre humanité imparfaite, " pour tout ce qui est tremblant", comme dans le titre éponyme L'Esclandre, enregistré de nuit, avec une belle lumière : 

"Tu construis des cités qui semblent ne tenir jamais. Elles tiennent pourtant et cela nous ressemblent "Extrait de L'Esclandre

L'album s'ouvre sur Le Planétarium, le seul titre que le flot des mots parcourt avec urgence, une course au travers du temps d’un jeune homme devenu homme qui salue ses fantômes et se remémore avec émotion ses audaces d'antan : "Que renfermait ce cœur alors ?".
 

 L'épopée singulière de Wladimir nous embarque aussi aux Quatre coins du monde, lorsque les trains séparent les amants, lorsqu'ils se retrouvent le temps d'une fuite dans les arbres, lorsque Le rossignol lui vole sa chanson alors même qu'il avait mis tout son amour dedans... Elle se termine sur Cavalier seul, une envolée dans une ville familière où le protagoniste ne reconnait plus rien.

" Et soudain je fus terrifié de n'aimer plus personne " 

Commentaires