KÉPA, le blues DIY

Le 17 mai 2018 par
KÉPA, le blues DIY
KEPA en studio à Montréal en 2018 | DR

Le guitariste basque sort un premier album instinctif produit par Timber Timbre, à découvrir ici en écoute intégrale.

Sur le papier, l’histoire en serait presque trop belle. Bastien Duverdier, champion de skate tricolore ride sur les rampes du monde entier jusqu’à une méchante blessure qui stoppe net sa carrière sportive. Sa convalescence, il la puise alors dans un one-man-band de blues un peu cinglé baptisé KEPA qui le remet sur la route, des tournées cette fois-ci.

Du voyage en tous cas, le premier album de KEPA Doctor Do Something en est plein même si c’est bien du côté du Mississipi que semble plutôt lorgner le musicien bayonnais. L’Amérique profonde plutôt que la Californie de Tony Hawk, celle du bluegrass, de la country et surtout du blues.

Fasciné par la musique de Bukka White et ses guitares Dobro taillées dans l’acier, c’est bien dans ces résonateurs métalliques rares sous nos latitudes que KEPA semble avoir trouvé, à tâtons, l’espèce d’exaltation primitive qui se dégage de sa musique. Il y a rajouté sa belle voix grave, un harmonica et des percussions, instruments qu’il joue intégralement seul sur scène au point d’incarner totalement sa musique.

Un projet instinctif donc, construit à coup de tentatives autodidactes et surtout d’une passion ancienne : «Je sais pas lire la musique, j’écris rien. Mon rêve n’a jamais été d’être musicien. Par contre, je me suis passionné par mes instruments bien avant de savoir qu’ils allaient me faire vivre. Et petit à petit j’ai appris l’arpège de la main droite et ajouté l’harmonica, le bottleneck... Et là j’y ai passé encore plus de temps. »

Les ambiances sont variées dans ce Doctor Do Something. De la mélancolie grave d’un Born To Die, on saute vers le réjouissant et farceur Hello Babe ! où l’on a peine à croire qu’un seul homme est à la manœuvre de cet attirail sonore. Plus loin, l’éraillé Don Pietro aux allures de western crépusculaire donne le la à un Big Boy primitif et même expérimental.

Disciple assumé de l'homme orchestre Son of Dave, KEPA s’est rapproché d’un autre Canadien qu’il admire pour étoffer cet album. Taylor Kirk du trio Timber Timbre est ainsi passé derrière la console pour ajuster, affiner et enrichir les intentions du Français. Une bonne pioche qui équilibre les audaces initiales mais qui ne touche pas au caractère diablement cool de l’ensemble. A voir sur scène, assurément.

"Doctor Do Something", premier album de KEPA sort le 18 juin sur le label Haïku Records

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