Joce Mienniel dévoile son nouvel album

Le 26 octobre 2018 par
Joce Mienniel dévoile son nouvel album
Joce Mienniel - Photo de Macha Mosconi

Le flûtiste célèbre les musiques nomades et la mixité des cultures avec le titre "Medina Coura".

Le désir de métissage de Joce Mienniel nous embarque de l'Europe à l'Inde en passant par le Moyen-Orient. Mais Medina Coura, extrait de son prochain album Babel, évoque un autre voyage. C'est le nom d'un quartier de Bamako où il a séjourné pendant 15 jours, alors qu'il travaillait sur le projet Jour de blues à Bamako, une ode à Ali Farka Touré. Subjugué par la diversité des teintes sonores de ce lieu, il a composé ce morceau, témoin d'une journée passée là-bas. La petite mélodie très simple et le rythme presque nonchalant se transforme en une transe percussive qui suggère que la soirée ne fut pas si calme : 

Si Joce Mienniel se passionne depuis longtemps pour l’ethnomusicologie, il est avant tout repéré dans le jazz. Il était en live chez nous à l’occasion de la nomination de son album Tilt dans la catégorie Révélation des Victoires du Jazz 2016. Il est aussi notamment, aux côtés du saxophoniste Sylvain Rifflet, récompensé à ces mêmes Victoires pour l’album Mechanics, sacré Meilleur album de l'année.

Dans ce nouvel album Babel, Joce Mienniel rassemble toutes ses influences. Captivé très tôt par la musique indienne puis par toutes les formes de musique modale, ces sonorités et rythmes d'ailleurs sont devenus essentiels à son ressenti d'artiste. "Ce disque, dit-il, est le résultat d’une longue réflexion sur ce que je pouvais retranscrire intimement de mes années d’érudition dans ce domaine".

BABEL - Photo de Christophe Charpenel

Le Babel de Joce Mienniel, c'est le rêve d'une humanité unie, pas si utopique que ça, puisque l'on dit souvent que les musiciens parlent la même langue. "Mon but, précise-t-il était de l’expérimenter en vrai, avec des cultures, des hommes, des instruments et des langages artistiques divers et variés, chargés chacun à leur manière de l’histoire de leur pays".

Au moment d'écrire les partitions de Babel, il s'est mis dans la peau d'un musicien "traditionnel" qui apprend un programme entier par coeur, transmis de manière orale. Pour partager cette aventure, il a choisi des comparses sensibles et lumineux. Ses flûtes, ney, kalimba et guimbardes se mêlent à l'oud de Lyad Haïmour, au sitar d'Ashraf Sharif Khan, la Mandole de Stracho Temelkovski, les percussions orientales d’Antony Gatta et la contrebasse de Joachim Florent.  

En conversant sur l'enregistrement de l'album avec les musiciens, Joce Mienniel confie un joli souvenir qu'il situe à la fin des 4 jours de studio : "On était tous en cabine pour écouter et on s'est mis à danser. Une vraie complicité s'est faite entre le joueur pakistanais de citar et le joueur syrien de oud". L'idée de départ du musicien étant de diversifier les apports culturels, il souhaitait inviter un indien pour le citar, donc hindouiste.

N'en trouvant pas en France, il a convié Ashraf Sharif Khan, recommandé par un ami, joueur de tabla. " Je n'avais pas imaginé que Lyad et Ashraf avaient la même religion dans des endroits si différents de la planète. Ils se sont retrouvés sur un des morceaux, tous les deux au même endroit. Ils étaient tellement heureux qu'ils se sont jeté dans les bras l'un de l'autre. ça m'a fait vachement plaisir"

Concert de sortie d'album : le 13/11 au Studio de l’Ermitage à Paris

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