Jazz et guerre froide : les notes de l’histoire

Le 25 mai 2018 par
Jazz et guerre froide : les notes de l’histoire
Louis Amstrong en visite au Capitole en 1957, occupé par Richard Nixon © Coll. Bettman / Getty

Ou lorsque les États-Unis menaient la guerre sur le front musical. "Le jazz: une arme secrète", un documentaire Arte à revoir jusqu’au 18 juin 2018.

1956. Avec la fin du stalinisme, les relations entre l’URSS et les États-Unis semblent se pacifier, du moins, la terreur est à l’équilibre. La compétition se joue donc moins sur le plan militaire que sur le soft-power. Aux Etats-Unis, le jazz atteint son apogée. Intellectualisé et incarné par de nombreuses personnalités, le style connaît un rayonnement international important. Cela n’est pas ignoré des dirigeants politiques, soucieux de maintenir une propagande efficace face à un ennemi qui a de quoi ébranler l’Amérique.

En effet, l’URSS rassemble les critiques autour du système ségrégationniste et des violences raciales qui frappent les populations noires-américaines. Louis Amstrong, Dizzy Gillespie, Duke Ellington ou Dave Brubeck et leurs groupes vont devenir les ambassadeurs de la nouvelle propagande culturelle américaine qui vise à faire passer les Etats Unis pour un pays pionner en termes de liberté, d’égalité et de tolérance. Instruments de cette politique propagandiste, les "Jazz-Ambassadors" vont peu à peu prendre position et retourner cette situation à la faveur des droits sociaux. A mesure de la montée en puissance du mouvement des droits civiques, ils appellent le peuple noir à se libérer de ses chaînes aux USA et militent contre le colonialisme. 

Ce documentaire réalisé par Hugo Berkeley présente de nombreuses images d'archives et contient des interviews d'historiens et spécialistes du jazz. Cette oeuvre éclaire aussi bien un aspect peu connu de la guerre froide, mais aussi notre monde contemporain.

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