Exclu FIP : "Lala Belu" de l'Éthiopien Hailu Mergia

Le 21 février 2018 par
Exclu FIP : "Lala Belu" de l'Éthiopien Hailu Mergia
Hailu Mergia © Avery Leigh

Gloire de la scène éthio-jazz d’Addis-Abeba dans les années 70s, le claviériste et accordéoniste revient avec un album somptueux en écoute intégrale ici.

Musicien pendant trop longtemps oublié, Hailu Mergia a pourtant été un acteur majeur du Swinging Addis (la scène éthio-jazz d’Addis-Abeba) dans les années 70s aux côtés d'artistes comme Mulatu Astatke, Alémyahu Esthete ou Girma Bèyènè. Le claviériste, accordéoniste et arrangeur éthiopien aujourd'hui âgé de 71 ans sort un nouvel album Lala Belu plus de quinze ans après un dernier essai discographique. Une renaissance artistique qui nous permet de découvrir la musique hypnotique et mystérieuse du génial musicien accompagné du  batteur Tony Buck et du bassiste-contrebassiste Mike Majkowski, tous deux d’origine australienne. Profondément électrique et moderne le jazz fou du trio ressuscite des standards instrumentaux éthiopiens ainsi que des compositions originales en écoute ici :

Au début des années 80 l'artiste part aux Etats-Unis en tournée avec son groupe le Walias Band et s'installe à Washington où il continue à jouer dans l'anonymat pendant quelques années, enregistre quelques titres en home studio, devient gérant de club puis chauffeur de taxi dans la capitale. Redécouvert en 2013 grâce au label Awesome Tapes From Africa qui réédite  ses œuvres, dont il ne reste alors que quelques rares exemplaires dans le monde, au format cassette. Ainsi, les trésors enfouis Hailu Mergia And His Classical Instrument (1985), Tche Belew (1977) puis Wede Harer Guzo (1978) seront déterrés et offrent à Hailu une deuxième vie artistique.

Hailu Mergia

Hailu Mergia © Philipp Jester

Hailu Mergia dit ne plus être chauffeur de taxi qu'a mis temps trop occupé depuis quelques années à parcourir les scènes US avec son trio. Sur les six perles de l'album Lala Belu, les rythmiques jazz puissantes se fondent dans le tourbillon groove des claviers et de l'orgue Hammond de Mergia qui sonnent comme le jazz-funk de Jimmy Smith avec une approche unique. Les mélodies hypnotiques, serpentent de haut en bas les échelles pentatoniques de l'ethio-jazz, les claviers hallucinés répondent à un accordéon étourdissant, les rythmes changent, vous emportent jusqu'à ce dernier titre Yefikir Engurguro, une balade contemplative superbe du pianiste en solo. 

Hailu Mergia couv Lala Belu

Commentaires