Exclu FIP : "Goy Boyro", clip poignant de Samba Touré

Le 03 mai 2018 par

Le guitariste et chanteur malien sort son cinquième album "Wande" le 28 mai.

« C’est de la musique malienne contemporaine. Ne l’appelez pas desert blues ou rock africain s’il vous plaît… Cette musique n’a pas besoin de ce genre d’étiquette ! » Comme partout, la musique malienne est multiple et métisse, et Samba Touré est un des grands artisans de la richesse musicale d'aujourd'hui en Afrique de l'Ouest. Quatre ans après Gandadiko, le guitariste retrouve le label Glitterbeat pour l'album Wande attendu le 25 mai.

Une oeuvre que l'artiste engagé décrit comme un retour à un son plus traditionnel et plus acoustique. Moins sombre aussi, même si les thèmes abordés sont souvent durs comme sur le titre Goy Boyro (Le bon travail bien fait en songhoy) abordant l'appauvrissement du pays avec la fuite des jeunes à l'étranger, très vite confrontés au rejet, à l'indifférence ou au racisme. Un message d'actualité illustré par un blues brûlant et par un clip poignant qui fustige, à coup d'images d'archives, les pires stéréotypes de l'Afrique en Occident, tout comme la lutte pour l'égalité des Afro-Américains.

Bergers, agriculteurs, constructeurs et tous les travailleurs courageux ... vous avez de l'or entre vos mains, alors n'allez pas trouver la misère ailleurs. Samba Touré

Samba Touré  / Photo Karim Diarra

Samba Touré / Photo Karim Diarra

Depuis son premier album Songhai Blues, où il rendait hommage à son mentor Ali Farka Touré, Samba Touré est devenu l'une des grandes figures de la musique malienne. Pourtant malgré cette reconnaissance internationale, il explique que seule une poignée d'artistes du pays réussit à vivre correctement de sa musique. C'est pourquoi ce nouvel album a été enregistré entre deux cachets dans les mariages.

Wande est plus direct, lumineux et dansant. Finis les duels de guitares et de ngoni, ils sont remplacés par des solos courts et incisifs, avec un groove solide et décontracté. Une grande partie de ces titres ont été improvisés et gravés en une prise, donnant cette impression de spontanéité, d'urgence dans cette musique captivante où le traditionnel tama (tambour parlant) dialogue en toute liberté avec les riffs intenses du guitariste et les ondulations du ngoni comme sur le très Stonien Yerfara :

J’ai toujours aimé le tama, pour ses sons, c’est le seul tambour qui peut jouer huit notes. C’est très énergique. Et je l’aime aussi pour son symbole et sa tradition. Avant les téléphones portables, quand quelque chose d’important se passait dans un village, les gens se réunissaient autour du tama. Samba Touré 

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