Exclu FIP : "Dia Barani" de Arat Kilo

Le 09 mars 2018 par
Exclu FIP : "Dia Barani" de Arat Kilo
Arat Kilo en live à L'Alhambra / Photo Hashka

Sur l'album "Visions Of Selam", le sextuor parisien invite Mamani Keita et Mike Ladd et trempe son ethiojazz brûlant dans le hip hop.

Depuis plus de dix ans le collectif parisien Arat Kilo entretient et renouvelle la fièvre éthiojazz du Swinging' Addis des années 70, l'âge d'or de la musique éthiopienne où des musiciens comme Mulatu Astatke, Alémyahu Esthete, Girma Bèyènè ou Hailu Mergia bravèrent la censure établie par Haïlé Sélassié en métissant les traditions amhariques à la soul, au jazz ou à la pop occidentale. Après avoir travaillé avec des artistes comme Rokia Traoré, Mulatu Astatke ou Socalled, le sextet de Paname continue de se réinventer et invite la grande chanteuse malienne Mamani Keita et le slameur américain Mike Ladd sur Visions Of Selam, un troisième album au groove puissant attendu le 16 mars sur Accords Croisés. FIP dévoile en avant-première le titre Dia Barani accompagné d'un remix explosif :

Toute la magie d'Arat Kilo est de rester ancré dans les codes complexes de l'éthiojazz, avec ses mélodies abyssiniennes mystérieuses, ses rythmiques métisses furieuses et ses cuivres ondoyants, tout en nous propulsant dans un monde urbain contemporain avec ses beats hip hop, dub et funk. Pourtant Visions Of Selam (Visions de paix) ne souffre d'aucune machine numérique et a été enregistré en trois jours à l’ancienne, sur bande magnétique et dans les conditions du direct avec un simple 24-pistes et de vieilles réverbs analogiques.

Ce groove irrésistible qui vous happe et ne vous lâche plus, on le doit à la batterie de Florent Berteau, la basse de Samuel Hirsch, les percussions de Gérald Bonnegrace, la guitare de Fabien Girard, la trompette et les claviers d’Aristide Gonçalves et les saxophones et flûtes de Michael Havard. Les orchestrations du combo sont parfaitement ciselées et sublimés par l'énergie et la voix incantatoire de Mamani Keita comme par le flow implacable du rappeur de Boston. Magique on vous dit! 

Arat Kilo / Photo Pierrick Guidou

Arat Kilo / Photo Pierrick Guidou

Dia Barani est un titre qu'on a composé en ayant en tête les thématiques de l'exil, de la migration et nos chanteurs ont écrit dans cette ligne directrice. Pour la petite histoire, il a fallu bien pousser Mamani Keita pour qu'elle ose faire ce premier couplet presque hip-hop. Elle était moins à l'aise avec le fait de parler et non chanter. Et comme le midi, elle nous avait raconté plus en détail son histoire personnelle, on l'a poussé à écrire sur son trajet de migrante. Et c'est comme ça qu'elle a trouvé ce premier couplet assez personnel où elle évoque cette période où elle vendait des oranges dans le stade de Bamako pour se retrouver aujourd'hui avec nous derrière le micro. Quant à Mike Ladd, roi du freestyle c'est un texte improvisé. Le guitariste Fabien Girard. 

Arat Kilo est en concert :
le 4 avril au Café de la Danse à Paris
le 9 mai au Festival  Jazz sous les Pommiers Coutances
le 2 juin au Festival Musiques Métisses Angoulême
le 7 juillet au Festival les Escapades Château-Arnoux-St-Auban

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