Exclu : « Doko Mien », nouvel album d'Ibibio Sound Machine

Le 20 mars 2019 par
Exclu : « Doko Mien », nouvel album d'Ibibio Sound Machine
Eno Williams, arme secrète du Ibibio Sound Machine | Steve Gullick

Le collectif afro-disco monte le son avec un nouvel album de groove furibard, à découvrir en avant-première.

Hiver 2016, alors que froid se faisait mordant, une petite bombe surgissait avant Noël comme pour réchauffer des paires d’oreilles endolories. Trois ans après avoir été flairés par les diggers du label Soundway, le collectif londonien Ibibio Sound Machine poussait ainsi les murs de l’Internet avec un disque de funk futuriste, gonflé aux synthés et emmené par la voix puissante de l’Anglo-nigériane Eno Williams.

Depuis lors, cet octet réjouissant a brassé son cocktail de highlife et d’électro sur nombre de scènes où son ambition dancefloor a pu s’accomplir au point de marquer les esprits. Lancés sur leur succès, les 8 d’Ibibio rempilent aujourd’hui avec Doko Mien, un troisième album publié chez Merge et qui couronne avec brio leurs promesses ardentes.

Car il y a de tout dans ce nouveau disque qui, à l’image de son titre introductif Need You To Be Sweet Like Sugar (Nnge Nte Suka), plonge sans complexe dans les 50 nuances de groove. Au cœur du son d’Ibibio Sound Machine, il y cette sorte de disco-rock mutante qui brouille les repères, comme infusée dans le fracas des clubs du début des années 80. Le bondissant Wanna Come Down est ainsi fait de ce bois, et plus encore le tubesque Tell Me qui voyage aux confins du post-punk le plus trépidant qui soit, évoquant parfois le meilleur des compilations Disco Not Disco du label Strut.

Eno Williams, arme secrète du Ibibio Sound Machine | Steve Gullick

Et si Eno Williams ralentit parfois le tempo pour prendre des accents soul plus caressants (I Know That You’re Thinking About Me, Guess We Ve Found A Way), le moteur du collectif demeure bien son énergie distordue, à l’image de l’électrique She Work Very Hard où un solo de guitare ponctue avec rage les éclats furibards de la chanteuse.

Inspiré par l’exposition récente dédiée au peintre américain, le titre Basquiat conclue le disque sur une note plus jazzy, offrant des reflets cuivrés à une ligne de basse obsédante digne du trio ESG. Mais là encore, plutôt qu’une redite même soignée, c’est la fusion impeccable de ces ingrédients d’un autre siècle avec l’énergie d’aujourd’hui, chantée avec force en langue Ibibio, qui offre aux nouvelles compositions du collectif son punch infernal. A voir en live !

Ibibio Sound Machine Doko Mien cover

 

Commentaires